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Bulletin Quotidien Europe N° 9381
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/egypte

La 3ème session du Conseil d'association mardi à Bruxelles marque le lancement du « plan d'action » finalement accepté par l'Egypte

Bruxelles, 07/03/2007 (Agence Europe) - Le Conseil d'association UE-Egypte s'est réuni mardi 6 mars à Bruxelles sous la présidence conjointe de Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères et de son homologue égyptien Ahmed Abul Gheit qui ont, à l'occasion de cette 3ème session, officiellement adopté un "plan d'action". Longtemps, l'utilité de ce plan n'a pas paru évidente aux Egyptiens qui avaient même laissé entendre, l'an dernier, qu'ils remettaient en question l'approche de la "politique de voisinage". M. Abul Gheit a confirmé mardi que l'opinion a évolué: "Nous avons pris le temps (…) nous n'aurions pas accepté son lancement si nous n'avions pas été satisfaits". Il ne précise pas ce qui a motivé ce changement, mais il s'est borné à affirmer: « les Européens s'engagent, l'Egypte également respectera ses engagements ». Et pour finir, l'Egypte juge que c'est un "bon plan" qui annonce un "pas en avant". Le gouvernement a dû se ranger à l'argument européen de la nécessité de créer un sous-comité spécifiquement consacré aux droits de l'homme, cette condition étant un « élément essentiel » de la « politique de voisinage », a rappelé l'UE. Le président en exercice du Conseil, tout comme Benita Ferrero-Waldner, n'ont certes pas insisté, publiquement, sur ce chapitre alors qu'ils célébraient le lancement du "plan d'action". Mais ils n'ont pas manqué de rappeler lors des discussions formelles au sein du Conseil d'association que les bonnes relations impliquent « le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des règles de la démocratie, des règles de droit, d'une bonne gouvernance et de la législation internationale ». Un appel a été lancé aux autorités égyptiennes pour qu'elles engagent leur pays dans les "étapes nécessaires de la lutte contre la discrimination dans tous les domaines et de promouvoir la tolérance religieuse, culturelle, la liberté d'expression et en matière d'orientation sexuelle", référence à une législation contraire à l'homosexualité déjà critiquée par le Parlement européen. Le souhait pressant de l'UE est aussi que l'Egypte abolisse la peine capitale, veille aux droits des femmes, facilite le rôle de la société civile, lève enfin un état d'urgence qui dure depuis 26 ans et, aussi, qu'elle achève sa réforme constitutionnelle. Cette conditionnalité n'influera pas sur les évolutions politiques internes, a cependant affirmé le ministre égyptien au cours de la conférence de presse finale alors que son pays entre dans une phase délicate d'élections et se rapproche de l'échéance importante de la relève à la tête de l'Etat. « Ce sont des questions qui concernent l'Egypte » et « en fonction des résultats, l'UE peut nous encourager ». Déjà, les encouragements ne manquent pas. M. Steinmeier a dit combien l'UE accueillait favorablement les annonces de réforme venant du Caire. "Le plan d'action ouvre un nouveau chapitre en approfondissant notre partenariat dans plusieurs domaines clés d'intérêt mutuel », a surenchéri la Commissaire aux relations extérieures. Mme Ferrero-Waldner a néanmoins souligné le besoin de parvenir rapidement à des "résultats concrets et mesurables" pour que le "plan d'action" soit enfin "jugé utile par toutes les composantes de la société égyptienne". Elle fait de la "mise en oeuvre (de ce plan) une priorité essentielle" pour réduire les ultimes réticences et ce processus "fera l'objet d'une surveillance commune", par le biais notamment des huit sous-comités thématiques créés, dont celui sur les libertés publiques. Rappel a été fait de l'annonce, le 26 février, lors de la visite au Caire de la Commissaire, d'une allocation de 558 millions d'euros au profit de la coopération avec l'Egypte.

Les entretiens, lors de la séance formelle, ont permis de brosser un tableau exhaustif de la coopération aussi bien économique que financière, technique et commerciale. L'UE souligne l'importance prise par les échanges agricoles (10% des importations européennes de ce pays et 8% de ses ventes sur son marché) et elle se félicite de l'ouverture le 8 février de pourparlers pour la libéralisation du commerce agricole. Un passage en revue de tous les aspects de la coopération a été effectué (services, transports, énergie, environnement, coopération scientifique et technologique, éducation, jeunesse, etc.). L'Egypte paraît satisfaire ses partenaires européens en se prêtant à une coopération qui serait de nature à consolider ses propres efforts de réforme économique. Ce pays est un « partenaire clé » en Méditerranée, souligne la partie européenne qui a loué son rôle aussi bien en tant que « facteur de paix et de stabilité » dans la région et dans le processus de Barcelone et aussi parce qu'il partage avec l'UE beaucoup de valeurs. Les deux parties ont également procédé à un large tour d'horizon de la situation politique dans la région (Palestine, Liban, Irak et Iran principalement). La partie européenne a pratiquement rappelé sa position exprimée la veille lors du Conseil d'association UE-Israël (EUROPE n° 9380), y ajoutant cependant une appréciation particulière et positive des efforts entrepris par l'Arabie saoudite, médiatrice entre les factions palestiniennes et entre les différentes composantes libanaises. Un rôle qualifié de "constructif". L'UE s'est également réjouie de la bonne collaboration entre elle et l'Egypte pour assurer la liberté de circuler au point de passage de Rafah. (fb)

 

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