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Bulletin Quotidien Europe N° 9381
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet de printemps

Des ONG appellent au rejet de l'objectif contraignant pour les biocarburants, au profit d'objectifs de performances environnementales des biocarburants

Bruxelles, 07/03/2007 (Agence Europe) - Parmi les voix qui s'élèvent pour demander au Sommet de printemps des 8 et 9 mars de fixer des objectifs contraignants pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les énergies renouvelables, celle d'une coalition d'ONG environnementales européennes se distingue: elle appelle les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à rejeter l'objectif contraignant de 10% pour les biocarburants à l'horizon 2020.

Dans un communiqué publié à la veille du Conseil européen, Birdlife International, le Bureau européen de l'environnement (BEE) et Transport & Environment (T&E) affirment conjointement que les biocarburants ne sont pas nécessairement bons pour l'environnement. Aussi souhaitent-elles que le Sommet de printemps substitue à l'objectif proposé la fixation d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que génèrent les carburants dans les transports, tout au long de leur cycle de vie - objectifs qui établiraient une distinction entre différents biocarburants en fonction de leurs performances environnementales, pour n'encourager que les plus performants d'entre eux.

Un objectif obligatoire de 10% de biocarburants dans le bouquet énergétique, cela veut dire qu'un dixième des biocarburants utilisés dans l'UE doit être produit à partir de matériel végétal ; or, l'engouement inconditionnel du public pour les biocarburants mérite d'être modéré, estiment les ONG qui dénoncent le risque de destruction de forêts tropicales pour créer de vastes zones de culture.

« Nous attendons du Conseil européen une réponse forte capable de relever le défi du changement climatique. L'UE devrait se fixer comme objectif contraignant une réduction de 30% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Elle devrait aussi établir des objectifs contraignants pour l'introduction des renouvelables. Mais nous ne voulons pas que soit inclus un objectif pour les biocarburants qui se traduise par des problèmes graves aux plans environnemental et social. Nous devrions bien davantage nous concentrer sur l'accroissement de l'efficacité énergétique et des renouvelables véritablement durables comme les énergies éolienne et solaire. Le secteur du transport, en particulier, devrait investir dans l'efficacité énergétique et dans des politiques de mobilité alternatives et plus propres », déclare Jon Hontelez, directeur du BEE.

Jos Dings de T&E déplore que « l'approche européenne des alternatives aux combustibles fossiles consiste à promouvoir aveuglément les biocarburants - qu'ils soient ou non bons pour l'environnement » et juge que l'approche « cycle de vie » proposée par la Commission dans sa nouvelle proposition de directive sur la qualité des carburants serait, de loin, préférable. «Une telle politique, si elle est bien conçue, permettra de garantir que seuls soient encouragés les biocarburants les plus propres, et exigera des fournisseurs de biocarburants qu'ils améliorent vraiment leurs performances environnementales plutôt que de se livrer à un mélange de produits aux conséquences environnementales incertaines ».

Pour Ariel Brunner de BirdLife International, il est crucial que « les leaders politiques européens apportent leur franc soutien à la certification obligatoire des biocarburants pour tenir compte non seulement de leurs performances du point de vue des gaz à effet de serre, mais aussi des autres impacts environnementaux qu'ils exercent, notamment sur la biodiversité et les réserves en eau potable ». C'est, selon lui, le strict minimum à escompter. (an)

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