Bruxelles, 07/03/2007 (Agence Europe) - Le Président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, qui participera jeudi à son premier Conseil européen, demandera aux chefs d'Etat et de gouvernement d'aller au-delà des propositions de la Commission en matière de lutte contre le changement climatique et de s'entendre sur une réduction plus drastique des émissions de CO2 ainsi que sur un objectif contraignant plus ambitieux pour les énergies renouvelables. « Dans mon discours de jeudi soir, je proposerai, au nom du Parlement européen, que l'Union européenne se fixe comme objectif contraignant d'aboutir à une réduction des émissions de CO2 de 30% d'ici 2020 - indépendamment de l'attitude des autres pays développés de la planète - et une part contraignante de 25% des énergies renouvelables » dans le mix énergétique de l'UE, a dit M. Pöttering mercredi devant un groupe de journalistes. La demande du PE devrait cependant rester sans suite, étant donné le consensus général qui semble déjà exister entre les Etats membres sur un objectif unilatéral de 20% pour la réduction des émissions de CO2 d'ici 2020 (30% au cas où les autres pays développés s'y joignent) et de 20% pour les énergies renouvelables (EUROPE n° 9380). Seule incertitude: le caractère contraignant ou non de ces objectifs. Cette question sera au cœur des débats des chefs d'Etat et de gouvernement ce jeudi soir. Exceptionnellement, la Présidence allemande a aussi invité M. Pöttering au dîner des dirigeants de jeudi soir (normalement, le président du PE n'y participe pas) pour parler de la Déclaration de Berlin. Cette déclaration du 25 mars prochain, « deux à trois pages », devra notamment citer les « réussites de l'intégration européenne », estime M. Pöttering (qui pense à la fin des dictatures en Grèce, au Portugal et en Espagne, à l'élargissement de 2004 vers l'Europe centrale et orientale, mais aussi à l'euro et à l'abolition des frontières intérieures), les « valeurs communes » (dont le modèle social européen) ainsi que les « défis » de l'Europe (mondialisation, changement climatique, dialogue entre les cultures, lutte contre le terrorisme, etc.). Même si elle ne pourra pas résoudre le problème de la Constitution, elle devra au moins clairement exprimer la volonté de l'UE de réformer ses institutions, demande instamment le président du PE. (hb)