Bruxelles, 07/03/2007 (Agence Europe) - Compte tenu de la forte contestation de la proposition de la Commission européenne de supprimer dès cette année le maïs de la liste des céréales pouvant bénéficier de l'intervention, les Etats membres recherchent une solution moins brutale pour remédier aux difficultés rencontrées sur ce marché. Lors du Comité spécial Agriculture (CSA) du 5 mars, plusieurs Etats membres se sont montrés disposés à accepter l'idée qui leur a été soumise par la Présidence allemande de plafonner le volume toléré des achats publics (mais sans réduire le prix actuel de l'intervention). Les experts du CSA reviendront sur ce dossier lors de leur prochaine réunion, le 12 mars.
Bien consciente de l'opposition d'une majorité de pays de l'UE à la proposition initiale de suppression de l'intervention (EUROPE n° 9355 sur le résultat du Conseil Agriculture de fin janvier), la Présidence allemande a suggéré une solution de compromis prévoyant, lors de la prochaine campagne de commercialisation, un plafonnement (à 700.000 tonnes) des achats publics de maïs, puis une suppression, en deux ans, de l'intervention. Ce calendrier permettrait de faire le point, lors du bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC), sur l'utilisation de cet outil de gestion du marché pour l'ensemble des céréales. Cette idée d'un abandon assez rapide de l'intervention a été soutenue en particulier par le Royaume-Uni (qui a réitéré ses critiques contre ce type d'aides communautaires), le Danemark et la Suède. Certains Etats membres qui ne sont pas directement concernés par la proposition mais qui suivent de près toute mesure qui aurait des conséquences sur le marché des céréales, comme France, Italie, Belgique, Finlande, Portugal et Espagne se sont montrés séduits par le compromis du plafonnement. Même la Hongrie (qui détient 90% du maïs d'intervention) aurait accepté cette idée, à condition de revoir à la hausse le niveau du plafond. Par contre, pas question, selon la France, la Belgique ou encore l'Espagne, d'anticiper avant le résultat de l'exercice de bilan de santé de la PAC des décisions sur l'intervention dans le secteur des céréales. En évoquant les sujets possibles du bilan de santé, la Présidence allemande a, en quelque sorte, « réveillé le loup » et pris le risque de voir un grand nombre de pays s'opposer aux pistes de compromis esquissées.
En outre, les pays « enclavés » directement concernés par ce projet, la Hongrie en tête, ainsi que l'Autriche, la Roumanie et la Bulgarie, ont estimé que le problème des stocks publics de maïs était surtout conjoncturel et non pas structurel, comme le laisse entendre la Commission. Ces pays font valoir que les stocks devraient diminuer progressivement grâce aux débouchés offerts par la production de bioéthanol et d'aliments pour animaux. Un avis que ne partage pas la Commission, qui évalue à 5,6 millions de tonnes en fin de campagne (plus 3,5 millions de tonne à venir) le niveau des stocks publics de maïs, ce qui porterait à 66% la part du maïs dans le total des céréales à l'intervention. (lc)