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Bulletin Quotidien Europe N° 9357
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Sofia veut un débat sur la question de l'approvisionnement des Balkans perturbé par la fermeture des réacteurs de Kozloduy

Bruxelles, 01/02/2007 (Agence Europe) - Un mois à peine après l'entrée de la Bulgarie dans l'Union, le dossier des réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Kozloduy, que Sofia a accepté de fermer le 31 décembre dernier pour assurer son adhésion, refait surface. Selon plusieurs agences de presse, le ministre bulgare de l'Economie, Rumen Ovcharov, aurait fait savoir vendredi dernier qu'il allait demander à la Commission la permission de redémarrer les réacteurs nucléaires fermés pour satisfaire la demande énergétique dans la région des Balkans. Interrogé à ce sujet mardi, le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs a écarté la possibilité de permettre à Sofia de redémarrer les unités 3 et 4 de Kozloduy. « Il y a une obligation juridique de fermer les réacteurs pour des raisons de sûreté nucléaire. Revenir à cette question maintenant, c'est comme conduire à contresens sur une voie à sens unique », a insisté M. Piebalgs.

Interrogée par EUROPE, une source communautaire bulgare a démenti que Sofia ait expressément demandé la réouverture des unités 3 et 4 de Kozloduy. « Cette question fait l'objet de nombreuses interprétations. Elle est en particulier récurrente dans la presse bulgare », a-t-elle commenté. « On ne pose pas la question de rouvrir les réacteurs 3 et 4 de Kozloduy, on pose plutôt la question de l'approvisionnement énergétique résultant de la décision de fermer ces réacteurs. Nous ne faisons pas face à un déficit énergétique en Bulgarie mais certains pays de la région, dont nous assurons l'approvisionnement, se plaignent d'importantes pénuries auxquelles ils font face », a expliqué cette source, citant en particulier l'Albanie et le Kosovo.

Dans une lettre adressée en novembre au Commissaire à l'Energie, M. Ovcharov avait averti que la fermeture des deux réacteurs nucléaires de 440 mégawatts « pourrait provoquer des changements importants dans l'approvisionnement en électricité de la région des Balkans ». Important exportateur d'électricité vers les Balkans (7,8 milliards kWh en 2006), la Bulgarie a déjà fortement réduit ses exportations suite à des problèmes d'approvisionnement en charbon ukrainien utilisé dans ses centrales thermiques. Seuls deux réacteurs de 1 000 MW restent en service à Kozloduy et la nouvelle centrale nucléaire qui doit être construite à Belene pour remplacer les réacteurs fermés ne devrait voir le jour qu'en 2013. « Nous voulons plus d'argent pour ouvrir cette centrale plus vite, mais nous sommes ouverts à toutes les solutions », a encore expliqué la source citée. Malgré les 570 millions d'euros obtenus en compensation pour le démantèlement des unités 3 et 4 de Kozloduy, Sofia évalue ses pertes financières relatives à la réduction de ses exportations d'électricité à près de 2,5 milliards d'euros. Selon Reuters, la Bulgarie revendiquerait un doublement de la compensation communautaire. Réaffirmant la nécessité pour Sofia de respecter les conditions d'adhésion, M. Piebalgs a toutefois indiqué que l'Union était disposée à discuter de cette demande.

Assurant qu'il était « prêt à participer au débat sur la sécurité énergétique et à discuter des bases d'une politique énergétique commune » avec ses homologues au Conseil européen, le président bulgare Gueorgui Parvanov n'a néanmoins pas manqué jeudi, devant le Parlement européen (voir autre nouvelle), de déplorer les conséquences de la fermeture des réacteurs de Kozloduy. « La région (des Balkans) connaît une crise énergétique importante et les pays de la région souffrent de coupures d'électricité », a-t-il déclaré. « Nous mettons l'accent sur la sécurité, c'est la raison pour laquelle nous avons décidé de fermer les réacteurs 1 et 2 de Kozloduy (en 2002). En revanche, avant leur fermeture, les réacteurs 3 et 4 avaient été largement modernisés et jouissaient d'un niveau de qualité très élevé », a-t-il indiqué, assurant que « même l'Agence internationale de l'énergie atomique a reconnu qu'il n'y avait aucune barrière technique aux opérations quotidiennes de ces unités ». Concrètement, assurant que Sofia respectera ses engagements, le président bulgare n'a pas demandé une révision du statut des réacteurs 3 et 4. Réclamant un « débat impartial »,
M. Parvanov a néanmoins appelé ses partenaires à « enquêter sur les conséquences graves pour la région des Balkans » de l'incapacité de son pays à assurer l'approvisionnement de ses voisins. La question devrait notamment être soulevée lors du Conseil Energie du 15 février auquel participera M. Ovcharov. (eh)

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