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Bulletin Quotidien Europe N° 9357
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/climat

Le Parlement, conscient de l'urgence d'agir, entend se mobiliser pour une action énergique de l'UE, pour elle-même et dans les négociations internationales sur l'après-2012

Bruxelles, 01/02/2007 (Agence Europe) - La réunion à Paris des plus grands experts scientifiques du monde entier (panel intergouvernemental sur les changements climatiques), compétents pour juger de l'évolution du climat, a donné tout son relief au débat sur les changements climatiques qu'a eu le Parlement européen le 31 janvier à Bruxelles. Les intervenants ont été nombreux à se référer au diagnostic alarmant de ces experts, attendu le 2 février, pour souligner la gravité du phénomène et appeler d'urgence à une action énergique de l'UE, tant pour réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre que pour continuer à jouer un rôle de locomotive dans les négociations internationales sur l'intensification de la lutte contre le réchauffement planétaire au-delà de 2012. Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement, le premier.

« Le changement climatique est à l'oeuvre. Les citoyens attendent de l'UE un rôle de chef de file. Le rapport Stern et la communication de la Commission sur l'après-2012 fournissent la justification économique à l'action. Les risques inhérents au changement climatique dépassent de loin les coûts de l'action pour le combattre (…) Le moment est venu de prendre des décisions pour mettre l'Europe et le monde sur la voie d'un avenir sûr du point de vue de l'approvisionnement énergétique, un avenir à faible teneur en carbone », a déclaré le Commissaire. Selon lui, le paquet de mesures intégrées sur l'énergie et le climat, présenté par la Commission le 10 janvier dernier (EUROPE n° 9341), constitue un programme pour une stratégie européenne permettant d'atteindre l'objectif à long terme de l'UE (limiter la hausse des températures à la surface de la planète, à 2 degrés Celsius par rapport au niveau atteint à l'ère préindustrielle, comme le prévoit la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). En outre, ce paquet contient « les éléments de base pour un accord international » sur un régime de lutte contre le réchauffement post-2012 et donne « un signal clair à propos du niveau d'ambition requis ». Moins 30% d' émissions des pays industrialisés à l'horizon 2020 comme objectif à poursuivre par l'UE dans ces négociations internationales, et au moins 20% comme objectif unilatéral de l'UE, c'est, selon M. Dimas, le moyen de donner « un sérieux coup de pouce à des engagements de la part des pays développés et à d'autres contributions de la part des pays en développement », pour combler le fossé entre les paroles en l'air, et l'engagement à les traduire en actes. Le Commissaire dit attendre du Conseil européen des 8 et 9 mars « un signal fort concernant la nécessité d'une action déterminée et le lien crucial entre la politique énergétique et la politique climatique », ainsi qu'un appui aux deux objectifs chiffrés proposés par la Commission, tout comme il attend l'appui du Parlement européen.

La problématique intégrée de l'énergie et du climat est une priorité de la Présidence allemande du Conseil, a rappelé Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Environnement, de la protection de la nature et de la sûreté nucléaire et Président en exercice du Conseil, comme il l'avait fait le 23 janvier devant la commission parlementaire de l'environnement (EUROPE n° 9350). Le Président a dit toute la confiance qu'il met dans les nouvelles technologies, et en particulier les biocarburants de la deuxième génération, pour que l'Europe contribue à relever les deux grands défis: limiter le réchauffement de la planète et approvisionner le monde en énergie. « C'est une question de justice. L'Afrique n'est pas responsable du réchauffement planétaire, mais souffre déjà le plus des conséquences de cette évolution. Si nous continuons à dépenser les ressources énergétiques et les matières premières, il faudra bientôt deux planètes (…). Après le pétrole, c'est pour l'eau qu'on va se battre. C'est un défi pour l'humanité ». L'important pour l'Europe, « c'est de ne pas laisser échapper cette chance historique d'une politique de pionnier ». Insistant sur la nécessité d'objectifs ambitieux au niveau international, le Président a estimé qu'une réduction de -30% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020, ce n'est pas tout. La question à se poser c'est « que faire pour ramener la hausse des températures à un niveau inférieur à 2 degrés Celsius ».

« Nous sommes en faveur d'une stratégie climatique ambitieuse qui aille plus loin que le Protocole de Kyoto. Nous devrions tous travailler à l'objectif de réduction de 30% à l'horizon 2020 et à sa mise en œuvre au niveau global », a déclaré Peter Liese (PPE-DE, Allemand). Selon lui, il conviendrait de réviser le système communautaire d'échange de quotas d'émissions pour établir « des critères uniformes pour la quantité d'émissions qu'une usine peut générer ». L'eurodéputé a par ailleurs critiqué « l'objectif imprécis » proposé par la Commission européenne pour la part des énergies renouvelables.

Francis Wurtz (GUE/NGL, Français) a plaidé pour que soit adressé aux citoyens européens un message « à la fois lucide et motivant », insistant sur le constat alarmant de la situation actuelle et sur le fait que l'UE n'atteindra pas ses engagements de Kyoto « déjà très insuffisants », mais aussi sur le fait qu'il est possible de

renverser cette tendance, au prix d'une « véritable révolution passant par l'accroissement substantiel de la part d'énergie propre mais également par un nouveau rapport à l'efficacité énergétique » pour atteindre une réduction de « 50% des émissions dans le monde et de 75% dans nos pays d'ici à 2050 ». L'eurodéputé communiste a également lancé l'idée d'inviter le Dr Pachaury, président du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat à une audition publique au Parlement européen.

Johannes Blokland (IND/DEM, Néerlandais) a plaidé pour que l'UE renonce aux combustibles fossiles et s'est interrogé sur les chances de succès de la tactique de la Commission, qui vise une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés et d'au moins 20% pour l'UE « pour se laisser une marge de manœuvre dans les négociations ». Guido Sacconi (PSE, Italien) a appelé à un saut politique qualitatif: « L'Europe est à un tournant historique. Nous verrons cette année ou l'année prochaine si nous sommes ou non capables de passer à la vitesse supérieure. Nous devrions créer une véritable alliance des institutions européennes pour agir au niveau international, voire une alliance des parlementaires du monde entier - pour débattre de cette question et en faire une priorité internationale.

A l'initiative du groupe des socialistes européens, une commission temporaire sur le changement climatique pourrait voir le jour. Selon Martin Schulz, président du groupe, l'idée aurait reçu un appui favorable des députés du PPE-DE. Il reste à la concrétiser.

Le projet de résolution voté par la commission parlementaire de l'environnement le 30 janvier demande que l'UE se fixe comme objectif une réduction de ses émissions de 30% en 2020, dans l'idée de parvenir à une réduction de l'ordre de 80% en 2050. Il appartiendra au Parlement de se prononcer à ce sujet lors de sa session plénière de février à Strasbourg.

Emissions de CO2 des voitures: Sigmar Gabriel se défend des attaques contre
le gouvernement allemand et la Présidence du Conseil

Répondant à Mme Rebecca Harms (Verte britannique) accusant l'Allemagne de « torpiller la tentative du Commissaire Dimas » d'imposer à l'industrie automobile un objectif contraignant de réduction de ses émissions de CO2 fixé de longue date (120 grammes/km d'ici à 2012), Sigmar Gabriel n'a pas mâché ses mots. Selon lui, la position du gouvernement allemand est sans équivoque, et il conviendrait d'éviter tout procès d'intention à la Présidence allemande du Conseil. « La Présidence allemande ne peut avoir de position car la Commission n'a pas encore fait de proposition, et qu'il n'y a pas encore eu de débat au Conseil. Le point de vue du gouvernement fédéral est que si l'on renonce à un engagement volontaire, on doit en passer par une législation, et que si l'industrie s'est fixé comme objectif 120 grammes/km en 2012, il faut la prendre au mot. Le gouvernement allemand est convaincu que cet objectif moyen pour tous les véhicules peut être atteint par la technologie automobile et par la contribution des biocarburants. Je demande un débat en toute sérénité », a martelé le Président du Conseil. (an)

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