Bruxelles, 12/01/2007 (Agence Europe) - Si la Confédération européenne des syndicats (CES) salue l'adoption d'objectifs autonomes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (elle avait néanmoins plaidé pour un objectif plus ambitieux de 25%) dans le paquet sur l'énergie et le changement climatique adopté mercredi dernier par la Commission (EUROPE n° 9341), elle estime, en revanche, que ses propositions pour poursuivre la libéralisation sur les marchés de l'énergie constituent une fuite en avant. « En présentant la séparation fonctionnelle des activités de réseau et de distribution comme la solution idéale, la Commission persiste à soutenir un modèle libéral qui a amplement démontré ses limites, en particulier dans le berceau de la libéralisation qu'est le Royaume-Uni », souligne la CES qui estime que « le modèle énergétique européen doit se réformer pour favoriser les investissements et la maîtrise de la consommation en adoptant une politique industrielle publique volontariste, associant programmation des investissements, R&D, formation des travailleurs et régulation des prix de l'énergie ». « En clair, il faut davantage de coopération entre les acteurs de la filière, pas davantage de marché ni de concurrence », précise le secrétaire général de la CES, John Monks. La CES plaide, en outre, pour un système d'ajustement de taxes aux frontières, système auquel la Commission a finalement renoncé, à la demande du Commissaire au Commerce Peter Mandelson, alors qu'il figurait parmi les recommandations du Groupe de Haut niveau sur la compétitivité, l'énergie et l'environnement. « La Commission ne nous rassure pas sur les perspectives des industries européennes électro-intensives et de leurs emplois face à une contrainte carbone qui se renforcera inéluctablement et à la concurrence des pays émergents hors Kyoto », poursuit M. Monks. La CES estime par ailleurs que les propositions de la Commission sont insuffisantes dans le domaine des transports et du résidentiel pour atteindre l'objectif de 20% d'émissions de CO2 pour 2020.
La Fédération européenne des syndicats de services publics (EPSU) voit quant à elle dans le paquet sur l'énergie « un exercice de communication de la Commission pour justifier des factures énergétiques plus élevées et un échec déguisé de libéralisation ». Si le paquet énergie vise, selon elle, à préparer les citoyens européens à des factures plus élevées pour leur consommation d'électricité et de gaz, ces prix plus élevés ne donnent aucune garantie que les firmes investiront dans les réseaux, dans les centrales électriques et dans le personnel. « Le manque d'investissement mènera à la détérioration de la qualité et de la sécurité et se traduira par davantage de blackouts. Nous avons besoin de coopération, pas de la promotion par la Commission de la concurrence », insiste-t-elle. Sur la question du renforcement des pouvoirs pour les régulateurs européens, l'EPSU préconise un rôle pour les conseils consultatifs. Enfin, l'EPSU déplore l'absence de dimension sur les aspects sociaux et le concept de pauvreté énergétique. (eh)