Berlin, 12/01/2007 (Agence Europe) - A quelques jours de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures, qui se pencheront notamment sur la coopération dans le domaine migratoire, le ministre allemand de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, a rappelé jeudi que « la lutte contre l'immigration illégale nécessite une coopération avec le pays d'origine et de transit ». Une lutte efficace contre l'immigration illégale « ne peut être menée que s'il y a plus de ressources et de fonds disponibles », a insisté M. Schäuble, pour qui ces efforts doivent s'accompagner de politiques d'intégration, en particulier des populations musulmanes. Sous Présidence allemande l'accent sera aussi mis sur le renforcement des équipes d'investigation communes d'Europol et du financement de Frontex, a-t-il par ailleurs ajouté.
S'il faut désormais accepter que l'islam fait partie intégrante de l'Allemagne, il faut aussi que les populations musulmanes acceptent les droits fondamentaux de nos sociétés, a plaidé M. Schäuble. Nous pensons que le partage d'information au sein de l'UE et le benchmarking sont utiles, car on peut observer un « déficit d'intégration » dans de nombreux pays, or cette question doit être discutée le plus largement possible au plan européen avec les représentants des communautés musulmanes, a-t-il poursuivi. Interrogé sur la question du voile, M. Schäuble a estimé, en son nom propre, qu'il s'agissait d'une décision individuelle, qui ne relevait pas du politique. Il en va en revanche autrement pour la burqa, qui en couvrant tout le corps et en laissant apparaître uniquement les yeux, est « un élément qui empêche la communication ». Or « nous voulons coexister, pas nous isoler les uns des autres », a-t-il ajouté. M. Schäuble s'est aussi déclaré favorable à l'idée évoquée par Franco Frattini de promouvoir des initiatives de formation des imams en Europe. « Ce ne serait pas l'UE qui organiserait ces formations, mais nous le voulons car nous voulons que les imams apportent leur contribution à l'intégration », a ainsi estimé le ministre issu de la CDU-CSU.
Pour ce faire, la Commission a l'intention de s'inspirer du plan d'action développé par la ville de Rotterdam intitulé « Islam et intégration ». Ce projet, qui a récemment été présenté à M. Frattini, consiste en une plateforme, regroupant des organisations musulmanes et experts, où s'organisent un dialogue entre les pouvoirs publics, les communautés musulmanes et non-musulmanes, des séances publiques d'information et de débat sur le thème de l'Islam et l'intégration ainsi que la formation des imams. Même si la Commission n'entend pas financer directement la formation dispensée aux imams, elle dispose toutefois de la possibilité d'utiliser une partie des fonds d'intégration (825 millions d'euros pour 2007-2013) pour financer de telles plateformes à vocation interculturelle. (ab)