Bruxelles, 12/09/2006 (Agence Europe) - « En cherchant à promouvoir des valeurs qui sont chères à la Commission européenne, comme la solidarité, la transparence ou une politique sociale fondée sur la négociation, l'AEIP œuvre activement à défendre une vision de l'Europe sociale qui est la mienne », a déclaré le Commissaire Vladimir Spidla à l'occasion du dixième anniversaire de l'Association européenne des Institutions Paritaires de Protection Sociale (AEIP: voir EUROPE n° 9251). M. Spidla a cité trois exemples concrets de participation constructive de l'AEIP au niveau européen: (1) comme membre du Forum des pensions, l'AEIP a présenté une contribution « critique mais constructive » à la proposition de directive améliorant la portabilité des droits à pension complémentaire ; (2) en ce qui concerne la directive de 2003 sur les institutions de retraite professionnelle, l'AEIP a évoqué l'interprétation du « droit national du travail ». M. Spidla s'est dit « évidemment favorable à l'établissement de fonds de pension paneuropéens » tout en reconnaissant que « ceci doit se faire dans le plein respect du droit social et du droit du travail applicables » ; (3) les réflexions de l'AEIP sur le concept de la solidarité dans les systèmes de protection sociale touchent au cœur des activités de la Commission, surtout dans le cadre de la méthode ouverte de coordination en matière de protection sociale (retraites, santé et soins de longue durée), mais aussi en relation avec les services sociaux d'intérêt général. « Certain » que la Commission pourra continuer à bénéficier de la contribution de l'AEIP « pour continuer à adapter notre modèle social européen », Vladimir Spidla a rappelé les deux grands défis auxquels est confrontée l'UE: la mondialisation et le changement démographique et technologique. Parmi les valeurs que les citoyens souhaitent préserver, il a cité en premier lieu « la préservation de systèmes de protection sociale accessibles, viables et de qualité ». Pour moderniser les systèmes de protection sociale, Vladimir Spidla a présenté deux pistes de réflexion « étroitement liées »: rationaliser la méthode ouverte de coordination, renforcer la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne. « Renforcer la contribution du processus de coordination sociale aux objectifs de la stratégie de Lisbonne signifie développer la fonction active de la protection sociale de manière à démentir ceux qui n'y voient qu'un luxe, une dépense accessible seulement aux Etats les plus riches. Mais renforcer la coordination des politiques sociales entre elles, n'est pas moins important », a commenté M. Spidla en expliquant: « la question de l'efficacité et de la visibilité de la politique sociale est essentielle: dans un contexte où les politiques se croisent et où de multiples acteurs jouent des rôles différents mais essentiels, la dimension sociale doit maintenir sa cohérence et son unité. Elle doit apparaître avec sa valeur propre ». En conclusion, le Commissaire a annoncé pour début octobre une communication intitulée « Le défi démographique, une chance pour l'Europe », qui présente cinq pistes: (1) créer les conditions d'un redressement des taux de natalité à long terme ; (2) assurer une plus grande participation à l'emploi et prolonger la vie active ; (3) maintenir, et si possible relever, la croissance de la productivité du travail ;
(4) organiser un flux net de migrations légales ; (5) garantir un cadre macro-économique fiable pour les finances publiques.
« De nouvelles idées concrètes pour voir comment moderniser les modèles sociaux européens »: voilà ce qu'attend Leila Kostiainen, Secrétaire d'Etat finlandaise aux affaires sociales et à la santé, pour qui « il faut des retraites adéquates et des systèmes de sécurité de pension adéquats. Il faut promouvoir la mobilité des travailleurs (…) et c'est l'objectif de la proposition de directive sur la portabilité des droits à pension complémentaire».
Le Président de la Commission consultative des mutations industrielles (CCMI) et membre du Comité économique et social européen (CESE), le syndicaliste belge Josly Piette, a lancé une réflexion: « la convention collective, qui représente l'unité dans la diversité, doit devenir un terme contraignant », a-t-il estimé, en exhortant la Commission européenne à se montrer plus proactive en cas d'échec du dialogue social et inciter les partenaires sociaux au compromis en brandissant son fer de lance - une proposition de législation. Que pensez-vous du relèvement de l'âge de la retraite ? a demandé le Professeur Yves Stevens (Université Catholique de Leuven). Pour M. Piette, il faut appliquer le principe de subsidiarité qui respecte la situation dans chaque pays et tenir compte aussi bien de la situation de l'emploi que du taux de chômage. Une fois réglé le problème du chômage, alors on peut discuter d'augmenter l'âge de la retraite », a conclu M. Piette.