Bruxelles, 12/09/2006 (Agence Europe) - Mgr Noël Treanor, Secrétaire général de la COMECE, a exposé le 11 septembre à la presse le projet de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne de promulguer solennellement un manifeste sur la portée des valeurs éthiques de l'unification européenne lors d'un congrès extraordinaire, du 23 au 25 mars 2007 à Rome, à l'occasion des célébrations pour le 50ème anniversaire du Traité de Rome. Un Comité de Sages mis en place pour préparer ce texte s'est réuni pour la première fois le 11 septembre à Bruxelles, et il se réunira encore après un séminaire qui se tiendra du 9 au 11 octobre à Clermont-Ferrand et après la plénière de la COMECE du 27 novembre. Notre travail, ce ne sera « pas des fouilles archéologiques » sur le Traité de Rome, a assuré Mgr Noël Treanor, en expliquant: nous espérons que notre message confirmera l'engagement « des catholiques, des chrétiens et des citoyens de bonne volonté » en faveur d'une Europe « digne de ses citoyens ».
Philippe de Schoutheete, ancien Représentant permanent de Belgique auprès de l'UE et l'un des « Sages », a noté devant la presse que la construction européenne est clairement fondée sur un certain nombre de valeurs - paix, réconciliation, liberté, rejet du nationalisme extrême, solidarité à l'intérieur et à l'extérieur, subsidiarité, respect de la diversité - mais que ces valeurs ont été parfois « oubliées ou largement ignorées », notamment à cause des divergences entre Etats membres sur la « raison d'être » du projet. Un autre membre du Comité, l'ancien Représentant permanent britannique auprès de l'UE, Sir Stephen Wall a noté pour sa part: certains, dans mon pays, craignent la naissance d'un « super-Etat » européen, alors que pendant les années passées en travaillant autour d'une même table « avec Philippe j'ai été frappé de constater combien ce processus est fragile ». La paix était la motivation européenne de gens de ma génération, et il faut voir quelle est celle des générations successives, a noté l'ambassadeur Wall, qui a cité la solidarité, les responsabilités mondiales (y compris en matière de maintien de la paix), la sauvegarde de l'avenir de la planète - des priorités « fondamentalement éthiques », a-t-il remarqué. Un troisième « Sage », le Professeur Tomas Halik, ancien conseiller du Président tchèque Vaclav Havel, a estimé qu'il pourra apporter au Comité des réflexions touchant à la sensibilité des Etats membres d'Europe centrale et orientale.
Parmi les autres membres du Comité de Sages figurent l'ancien député allemand Karl Lamers (qui avait suggéré, avec Wolfgang Schäuble, la constitution de «noyaux » de pays au sein de l'UE pour permettre à l'intégration européenne de progresser), l'ancien ministre-président du Baden-Württemberg Erwin Teufel, les anciens Commissaires européens Mario Monti, Peter Sutherland, Loyola De Palacio et Franz Fischler ; les députés européens Jacques Santer, Jan Kulakowski, Vytautas Landsbergis, Maria Martens, Alois Peterle, Jozsef Szajer et Anna Zaborska, l'ancien Directeur général du Fonds Monétaire International Michel Camdessus, le président du Mouvement Européen International Pat Cox, l'ancien Recteur du Collège d'Europe Jerzy Lukaszewski.