Bruxelles, 12/09/2006 (Agence Europe) - Les Commissaires Olli Rehn (élargissement) et Franco Frattini (justice) ont envoyé une lettre conjointe au vice-Premier ministre roumain, Bela Marko, et aux présidents des partis de la coalition gouvernementale pour exprimer leur « considérable préoccupation » à propos de la volonté réelle d'une partie de la classe politique roumaine de lutter contre la corruption de haut niveau dans le pays. La corruption - y compris dans les sphères politique, économique, judiciaire et administrative - est l'un des problèmes les plus importants que la Roumanie doit résoudre si elle veut espérer un rapport positif de la Commission européenne le 26 septembre prochain. Dans leur lettre datée du 8 septembre, MM. Frattini et Rehn se disent particulièrement « déçus » du fait que le projet de loi sur la création d'une « Agence nationale de l'intégrité » (National Integrity Agency), chargée de vérifier l'origine des avoirs de ministres et d'élus, n'a pas encore pu être adopté par la Chambre des députés. « La mise en place de cette agence aurait un impact positif sur la prévention et la lutte contre la grande corruption, qui a représenté l'un des principaux engagements de la Roumanie dans ses négociations d'adhésion à l'UE », écrivent-ils. En outre, des amendements proposés au Sénat sur la procédure de nomination du Procureur général risquent d'introduire dans le système judiciaire de lutte anti-corruption des « instabilités superflues ». « Il faut que tous les acteurs politiques roumains démontrent clairement qu'ils soutiennent une lutte efficace et irréversible contre la corruption de haut niveau », avertissent les deux Commissaires dans leur lettre.