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Bulletin Quotidien Europe N° 9161
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/palestine

Audition de Leila Chadid, la déléguée générale de Palestine auprès de l'UE

Bruxelles, 27/03/2006 (Agence Europe) - « Nous ne demandons pas aux Européens de lutter à notre
place »
mais d'être conséquents avec eux-mêmes et, comme lors du déclenchement en Irak, de militer pour le multilatéralisme, a dit le 23 mars aux députés européens Leila Chadid, déléguée générale de Palestine auprès de l'UE. Invitée par la délégation parlementaire européenne pour la coopération avec le Conseil législatif palestinien (CLP), elle a affirmé qu'Israël s'apprête à « décréter unilatéralement les frontières définitives » avec ses voisins et que « entre le morcellement du territoire laissé aux Palestiniens et les annexions, il n'y aura plus de place pour un Etat palestinien ». « Que les Américains acquiescent, on peut le concevoir, mais pas
l'Europe »,
s'est-elle exclamée, en ajoutant: « On ne sait pas pendant combien de temps on pourra observer la situation se détériorer sans rien faire ». Il y a « le risque de perte de crédibilité, nous en tant qu'Autorité palestinienne, et vous comme donateurs financiers et surtout en tant que partenaire politique, une perte de confiance qui affectera aussi le Quartette », a-t-elle averti. La politique israélienne du fait accompli et les hésitations européennes face au vainqueur des élections palestiniennes, le Hamas (dont elle rappelle qu'il reste sur la « liste noire » européenne des terroristes), risque de « radicaliser » encore plus ce mouvement, dit-elle. Elle rappelle que le Hamas a été élu démocratiquement mais qu'une des raisons de son succès est que « l'Autorité Palestinienne n'existe pas aux yeux d'Israël ; la voie était donc ouverte à Hamas ». Et, a-t-elle demandé: « croyez vous qu'en suspendant les aides financières on fera avancer les choses ? ». « Au diable l'argent, il faut une solution politique », a repris Luisa Morgantini (GUE/NGL, italienne), présidente de la commission du développement du PE, pour qui « c'est insupportable, dans ces conditions, de parler encore de droits de l'homme au Parlement européen. Nous devons suspendre toute relation économique et diplomatique avec Israël (…). Il faut clairement traiter avec le CLP élu en rappelant que Hamas observe depuis longtemps une trêve ». La parlementaire met en cause l'attentisme de l'UE. « Pourquoi l'UE ne croit-elle pas Olmert lorsqu'il annonce son plan unilatéral, qui est un vol des terres palestiniennes ? », s'interroge-t-elle, en notant qu'il y a désormais « une séparation physique et mentale entre Gaza et la Cisjordanie » dont les habitants ne peuvent même plus se rendre d'un territoire à l'autre. Le président de la délégation, Adamos Adamou (GUE/NGL, chypriote), a dit qu'il entend lancer une invitation officielle au CLP, et qu'il a adressé une lettre au président Borrell mettant en garde contre la réduction des aides de l'UE aux Palestiniens.

 

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