Bruxelles, 27/03/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a attiré, le 27 mars l'attention sur le fait que des contrefaçons du Rimonabant étaient actuellement en vente sur plusieurs sites Web. Le Rimonabant est une substance active mise au point par Sanofi-Aventis pour traiter l'obésité en lien avec des risques cardiovasculaires et/ou diabétiques et pour aider au sevrage tabagique (en ce qui concerne cette deuxième indication, les essais cliniques sont encore en cours). Soumis à l'évaluation de l'Agence européenne des médicaments (EMEA), ce médicament recevra l'autorisation de mise sur le marché (AMM) de la Commission européenne dès lors que le comité scientifique de l'EMEA aura démontré, de manière satisfaisante, la qualité, le niveau de sécurité et l'efficacité du produit. L'AMM a été demandée à l'EMEA et à la FDA américaine en avril 2005. La procédure d'approbation est toujours en cours. Une fois approuvé, le Rimonabant devrait être commercialisé sous le nom de AcompliaTM. « Toute personne achetant des versions non autorisées, contrefaites ou illicites du Rimonabant expose sa santé à des risques, ce qui renforce les inquiétudes de la Commission européenne au sujet de la vente de faux médicaments falsifiés et non autorisés à un public confiant par des criminels qui tirent parti de l'anonymat de l'Internet, mettant ainsi des vies en danger et fragilisant l'industrie pharmaceutique », souligne le communiqué diffusé lundi.
C'est l'agence suédoise des médicaments qui a détecté la fraude et alerté la Commission européenne, le 6 mars via le système d'alerte rapide RASFF de l'UE. Dans le même temps, l'agence suédoise a fait diffuser un spot télévisé pour avertir les consommateurs suédois. On ne dénombre pas moins de treize sites, dont onze visaient le public suédois, offrant ce produit sous la forme d'un complément alimentaire permettant de lutter contre l'obésité. La structure de commercialisation baptisée « Top Formula » acceptait toutes les cartes de crédit et garantissait l'expédition dans tous les pays de l'UE. L'analyse du produit est toujours en cours.
Selon une récente enquête des États membres, 170 médicaments se sont révélés être des contrefaçons offertes par des chaînes de distribution illégales, ces cinq dernières années. Ce commerce illégal s'est souvent développé à travers l'Internet. Parmi les cas identifiés, les médicaments liés au mode de vie, les hormones de croissance à des fins de musculation et les somnifères ont joué un rôle particulier. Des produits non autorisés et des falsifications de médicaments autorisés destinés au traitement du dysfonctionnement de l'érection (ex.: ViagraR produit par Pfizer et CialisR de Lilly) et des infections virales (ex.: TamifluRde Roche) ont également figuré sur les listes de vente des fraudeurs. « Les contrefaçons peuvent comprendre des faux produits qui ne contiennent aucun des composants du médicament ou qui contiennent le mauvais médicament. Elles peuvent ainsi ternir l'image d'un produit et des entreprises qui investissent dans la recherche et l'application de ces produits, pendant que des criminels s'emploient à gagner de l'argent sans assumer aucune responsabilité ni aucun risque », rappelle la Commission.