Bruxelles, 20/03/2006 (Agence Europe) - L'UE partage les conclusions de la mission d'observation de l'OSCE selon lesquelles les élections présidentielles du 19 mars au Bélarus - « remportées » par le président Alexandre Loukachenko avec plus de 80% des suffrages - n'ont pas respecté les normes démocratiques internationales. « Le rapport préliminaire de l'OSCE démontre que les élections (…) n'ont pas été conformes aux normes et standards démocratiques internationaux. Nous partageons cette évaluation », a déclaré la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, à l'issue du Conseil « Affaires générales/Relations extérieures », lundi à Bruxelles (voir autres nouvelles). « Le rapport de l'OSCE parle pour lui-même », a aussi estimé le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, qui a souligné que l'UE allait rester « ferme » tant que les dirigeants ne permettront pas au Bélarus de rejoindre la communauté démocratique internationale. Les « abus arbitraires du pouvoir d'Etat » et les multiples dysfonctionnements au cours de la campagne électorale au profit du président Loukachenko sont allés « largement au-delà de l'acceptable », a souligné Mme Plassnik devant la presse. Lundi, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-cinq n'ont pas encore décidé de renforcer les mesures restrictives en place contre les dirigeants biélorusses (interdiction de séjour dans l'UE, gel des avoirs, etc.), mais il ne fait aucun doute que des sanctions supplémentaires seront prises dans les jours ou semaines à venir. La discussion sur la réaction de l'UE se poursuit « et elle inclut aussi la possibilité de nouvelles mesures restrictives à l'égard des personnes impliquées » dans les fraudes électorales, a dit Mme Plassnik. Il faudra bien réfléchir afin de trouver « une réponse adéquate », qui vise les autorités biélorusses mais pas la population, que l'UE, au contraire, veut soutenir plus que jamais, a ajouté la présidente du Conseil. La Commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a plaidé elle aussi pour une réponse forte de l'UE aux autorités de Minsk en ajoutant: « mais nous ne devons pas laisser tomber le peuple biélorusse ». Au cours du débat de lundi, plusieurs ministres ont évoqué la possibilité d'inviter le principal candidat de l'opposition biélorusse, Alexandre Milinkevitch, pour une réunion avec l'UE, éventuellement même au Conseil européen. De telles propositions ont été faites, mais aucune décision n'a encore été prise, a expliqué Mme Plassnik aux journalistes. M. Milinkevitch avait déjà été reçu lors du Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » en janvier dernier.