Bruxelles, 20/03/2006 (Agence Europe) - A la demande de la France, le Commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a informé les ministres des Affaires étrangères de l'Union réunis lundi à Bruxelles des récents développements des négociations de Doha sur la libéralisation des échanges, en particulier des résultats de la réunion des ministres du Commerce du G-6 (Union européenne, Etats-Unis, Brésil, Inde, Australie et Japon) à Londres les 10 et 11 mars derniers (EUROPE n° 9150). Pour
M. Mandelson, le résultat positif de plus de deux mois de négociations intenses post-Hong-Kong (décembre 2005) est que, désormais, de nombreux partenaires de l'Union à l'OMC ont pris conscience du fait qu'un succès ou un échec du round ne dépend pas seulement que de la position européenne sur le volet agricole. C'est dans ce contexte que le G-6 a discuté début mars des questions clés (accès au marché agricole et des biens manufacturés - NAMA - notamment). Pour le Commissaire au Commerce, les « vraies ambitions » des grands pays émergents - Brésil et Inde en tête et qui affichent des réticences persistantes à réduire leurs droits de douane sur les NAMA si des efforts ne sont pas faits par les pays développés en matière agricole (accès au marché pour l'Union, soutiens internes pour les Etats-Unis) - « doivent être maintenant testées ». S'ils restent inflexibles dans leur demande d'obtenir davantage de la part de leurs partenaires développés en matière agricole en contrepartie de ce qu'ils sont prêts à offrir sur les biens industriels, Brésil et Inde craignent par ailleurs qu'une plus grande libéralisation sur les droits de douane frappant les NAMA ne profite en grande partie à la Chine, a expliqué M. Mandelson. Si les réticences de Brasilia et New Delhi bloquent actuellement la progression des pourparlers alors que les 149 pays membres de l'OMC se sont donné jusqu'au 30 avril pour arrêter les modalités (chiffres et autres dispositions) de la négociation sur les volets agricole et des NAMA, la stratégie de la Commission reste la même, a assuré M. Mandelson: il s'agit d'examiner autant que possible les possibilités pour les pays développés et les grands pays émergents de faire des concessions. La réunion de Londres ayant montré que « l'approche step-by-step ne fonctionne pas », M. Mandelson propose d'intensifier les « contacts discrets » avec les principaux partenaires. Dans ce contexte, le Commissaire au Commerce - qui reste convaincu que « reporter un accord et diminuer ses ambitions ne garantit pas sa conclusion à terme » - rencontrera lors d'une dizaine de jours en Amérique du Sud (à partir du 25 mars), les principaux chefs de file du G-20 (groupe des pays émergents à l'OMC), les chefs de la diplomatie chilienne Ignacio Walker et brésilienne Celso Amorim, ainsi que le Secrétaire d'Etat argentin au Commerce, Alfredo Vicente Chiaradia. Enfin, alors que, à l'initiative de la France, les ministres de l'Agriculture de 13 Etats membres ont adressé une nouvelle mise en garde aux négociateurs européens à l'OMC (EUROPE n° 9154), M. Mandelson a de nouveau souligné la nécessité que l'Union présente un « front uni » à ce moment crucial des négociations.