Strasbourg, 16/11/2005 (Agence Europe) - La plupart des députés européens se sont montrés plutôt déçus, mercredi après-midi en plénière, des résultats du Sommet informel de Hampton Court du 27 octobre, et ont réaffirmé la nécessité de prendre une décision sur les perspectives financières 2007-2013 lors du Conseil européen des 15 et 16 décembre. Un accord sur les perspectives financières sera le « moment déterminant » pour la Présidence britannique, a estimé dans son intervention le Président de la Commission José Manuel Barroso. Le « moment déterminant » de notre présidence était le 3 octobre, date de l'ouverture des négociations avec la Turquie, a répliqué le Président du Conseil Jack Straw.
Hampton Court a dégagé « un large accord sur la direction » que devra suivre l'UE et a été « un élément vital » dans le débat sur l'avenir de l'Europe, qui est « loin d'être terminé », a déclaré M. Straw, qui s'est exclamé: le document du Président Barroso pour le sommet était un des « meilleurs et plus perspicaces des trois dernières années sur l'avenir de l'Europe ». Après avoir esquissé les principales conclusions de Hampton Court dans six domaines (recherche et développement, universités européennes, changement démographique, énergie, sécurité, rôle de l'Europe dans le monde), M. Straw a indiqué que des rapports intérimaires sur tous ces thèmes seront présentés au Conseil européen de décembre. Quant aux perspectives financières, il a rappelé qu'au Sommet de juin dernier cinq pays s'étaient opposés au compromis qui était sur la table, mais qu'en décembre il faudra l'accord de tous les vingt-cinq Etats membres, et il a précisé que la présidence fera début décembre des propositions qui seront discutées par un conclave des ministres des Affaires étrangères. Pour parvenir à un tel accord, a-t-il noté, il faudra en particulier: - un calendrier sur un réexamen de tous les aspects des recettes et des dépenses ; - une réforme de la structure de la dépense ; - des « changements significatifs » des propositions sur les ressources propres, qui devront être « équitables et équilibrées » pour tous les Etats membres (en clair, le problème de la ristourne britannique). « Je ne veux prendre personne par surprise: quand je dis changements significatifs, j'entends changements significatifs ».
M. Straw a aussi profité de la situation pour évoquer REACH (« personne ne veut être empoisonné par des produits chimiques », mais nous ne devons pas « mettre l'industrie chimique européenne à genoux ») et la directive sur le temps de travail (le Royaume-Uni, qui veut une décision sous sa présidence, est le deuxième meilleur pays en termes de journées de travail perdues à cause d'accidents de travail, et le troisième pour les décès sur le lieu de travail, a-t-il indiqué, en rejetant des « limites rigides paneuropéennes » du temps de travail). EUROPE reviendra sur le débat.