Strasbourg, 16/11/2005 (Agence Europe) - Présent mardi à Strasbourg, le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson, s'est insurgé devant la presse contre les critiques qui lui ont été adressées la veille par le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, dont le pays est un membre actif du groupe des exportateurs agricoles du Groupe de Cairns, à propos de l'attitude de l'UE dans les négociations à l'OMC. "Nous voulons en particulier des progrès sur l'agriculture. Nous voulons voir l'Union revenir avec une meilleure offre sur l'accès aux marchés agricoles, et ce sera crucial pour le succès de la réunion à Hong-Kong", avait déclaré M. Downer en marge du Forum de coopération Asie-Pacifique, à Pusan en Corée du Sud. "Je pense qu'il serait plus utile pour l'APEC d'utiliser sa réunion pour mettre au point une plate-forme de négociation plutôt que pour lancer des accusations", a répondu M. Mandelson avant d'ajouter: "Je regrette que certains pays de l'APEC semblent plus intéressés à influencer les médias plutôt qu'à s'occuper des négociations". "Je ne pense pas qu'il serait utile pour les négociations de faire une nouvelle offre sur l'agriculture, parce que cela déséquilibrerait davantage les négociations", a estimé M. Mandelson. "L'Europe n'acceptera pas de leçons d'ouverture des marchés de la part de pays qui sont moins ouverts que nous, alors que nous avons un des marchés les plus ouverts au monde", a assuré en plénière le président de la Commission, José Manuel Barroso (voir EUROPE n° 9068). Néanmoins, le projet de déclaration finale du Forum de l'APEC (dont les Etats-Unis sont membres) qui devrait être adoptée vendredi prochain pourrait de nouveau irriter M. Mandelson puisqu'il appellerait implicitement l'Union à redoubler d'efforts en matière agricole. "Si des progrès ne sont pas faits dans le domaine agricole, nous ne pouvons pas faire des progrès dans les négociations dans leur ensemble", devrait souligner le texte avant de poursuivre: "Nous appelons tous les autres membres de l'OMC, et en particulier ceux qui ont la plus importante part du commerce mondial et en tire les plus gros bénéfices, à faire preuve de la flexibilité nécessaire pour faire avancer les négociations, d'ici Hong-Kong et au-delà".