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Bulletin Quotidien Europe N° 9027
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis

L'attitude du gouvernement américain à l'égard de l'UE a fondamentalement changé depuis le début de cette année, se félicite M. Bruton - Constitution: élire le président de la Commission lors des élections européennes

Bruxelles, 14/09/2005 (Agence Europe) - Le chef de la délégation de la Commission européenne à Washington, l'ancien Premier ministre irlandais John Bruton, a livré mercredi matin devant le European Policy Centre (EPC) à Bruxelles ses premières impressions après dix mois d'expérience dans la capitale américaine. L'attitude de l'administration américaine à l'égard de l'UE a fondamentalement changé depuis le début de cette année, c'est-à-dire au moment où George Bush a commencé son second terme, selon M. Bruton. Le fait que le président réélu ait choisi de faire sa première visite à l'étranger non seulement en Europe, mais à l'Union européenne à Bruxelles, a une « signification symbolique énorme » et témoigne qu'il y a aux Etats-Unis une « reconnaissance croissante de l'importance de l'Union européenne », a-t-il estimé, en ajoutant: « Les Américains ne sont pas des ignorants quand il s'agit de l'Europe. Ils s'intéressent profondément à l'Europe et beaucoup d'entre eux ont des connaissances profondes sur l'Union européenne ». Il n'en demeure pas moins qu'Américains et Européens voient le monde d'une manière fondamentalement différente. Aux Etats-Unis, on a tendance à réduire tout à un choix entre le « bien » et le « mal », « presque de façon biblique », et cela vaut aussi en grande partie pour la politique étrangère, alors que les Européens sont plus « relativistes », a constaté M. Bruton. Le fait que 54% des Américains estiment que la puissance militaire est importante pour garantir la paix et la stabilité dans le monde (contre seulement 28% des Européens) témoigne des énormes différences de pensée, de culture et de conception qui existent de part et d'autre de l'Atlantique. « Les différences ont tendance à diminuer, plutôt que de s'aggraver, mais ce processus de rapprochement prendra beaucoup de temps », prévoit M. Bruton. Sur le plan économique et commercial, il est important de faire progresser les pourparlers entre Bruxelles et Washington sur la reconnaissance mutuelle des normes et standards, afin de faciliter les échanges transatlantiques. Malheureusement, cependant, la volonté politique de progresser avec détermination dans ce domaine « n'y est pas encore ». « L'ouverture du marché transatlantique est une situation gagnant-gagnant, et pourrait même aider l'UE à mettre en œuvre sa stratégie de Lisbonne », affirme M. Bruton. Même la libéralisation des services, actuellement contestée dans l'UE, pourrait se réaliser plus facilement dans un contexte transatlantique, selon l'ambassadeur Bruton.

Interrogé sur l'impasse de la Constitution européenne, M. Bruton (qui était membre de la Convention européenne, comme représentant du parlement irlandais), a estimé que l'UE a besoin « de quelque chose de radical » pour « reconnecter » les citoyens avec le projet européen. « Il faudrait par exemple que les citoyens aient la possibilité, lors des élections européennes, d'élire aussi directement le président de la Commission européenne. Les gens ont besoin d'avoir le sentiment qu'en votant, ils peuvent changer quelque chose », a dit M. Bruton qui rappelle qu'il avait déjà fait cette proposition lors des travaux de la Convention.

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