Bruxelles, 13/09/2005 (Agence Europe) - L'Equateur a rejeté mardi la nouvelle proposition de la Commission européenne sur un droit de douane de 187 euros par tonne applicable aux importations dans l'UE de bananes en provenance des pays tiers, laissant présager une nouvelle procédure d'arbitrage à l'OMC (EUROPE n°9025).
« La proposition est absurde. L'UE préfère protéger ses ex-colonies subventionnées plutôt qu'encourager de bonnes pratiques de droit du travail, social et environnemental », a dénoncé Eduardo Ledesma, directeur de l'Association équatorienne des exportateurs (AEBE). « Nous n'acceptons pas le nouveau tarif. L'Equateur doit se secouer et s'opposer à cette nouvelle offre. Rappelons-nous que l'objectif est de parvenir à zéro ou au minimum possible », a souligné pour sa part Antonio Noboa, vice-président exécutif de la société bananière Bananera Novoa. Vicente Wong, dirigeant de la firme Reybanpac, a estimé quant à lui qu'il fallait que les exportateurs équatoriens se réunissent de nouveau pour « agir » et « réclamer un nouvel arbitrage de l'OMC, afin de parvenir à une réduction du droit de douane pour l'entrée du fruit en territoire communautaire ». Actuellement, les bananes latino-américaines sont frappées d'un droit de douane de 75 euros /t dans la limite d'un quota fixe de 2,2 millions de tonnes. Au delà de ce quota, elles sont taxées 680 euros/t. L'Equateur, quatrième producteur au monde, est partisan d'un droit de douane le plus faible possible et, à défaut, du maintien du système actuel.
L'association des producteurs de bananes du Costa Rica, CORBANA, se dit également insatisfaite de la proposition de la Commission. Selon Jorge Sauma, de CORBANA, le tarif de 187 euros/t est encore « trop élevé et discriminatoire » et ne permet pas de préserver la part de marché des pays d'Amérique latine sur le continent européen. Le président de CORBANA, Romano Orlich, a déclaré qu'il espérait que les arbitres de l'OMC vont rejeter également le nouveau droit de douane proposé par l'UE. Il appelle de ses vœux une collaboration avec les autorités de l'UE permettant de trouver une issue favorable pour toutes les parties.