Bruxelles, 14/09/2005 (Agence Europe) - « Le Conseil des gouverneurs est très fortement attaché à l'achèvement complet du marché unique des services bancaires avec des règles du jeu équitables ne faisant aucune différence entre les nationalités en présence », a souligné encore une fois le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, interrogé par l'élu de la CSU Alexander Radwan sur l'affaire Fazio (au sujet de la mise en cause du gouverneur de Banca d'Italia dans l'affaire du blocage de l'OPA de la néerlandaise ABN Amro sur Antoveneta, voir EUROPE n° 9018). M. Trichet a simplement répondu avoir « instauré un dialogue » avec la banque centrale italienne, soulignant la nécessité d'une « coopération aussi étroite que possible entre les différentes autorités compétentes ». Alors que le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunit le 15 septembre à Francfort, M. Trichet a assuré que la BCE tenait à « apporter sa pierre à l'édifice », même si en définitive il n'est « pas responsable », car « l'autorité s'exerce au niveau national ».
Le Président de la BCE a aussi confirmé avoir reçu mercredi une lettre du ministre italien des Finances Domenico Siniscalco souhaitant connaître le sentiment de la BCE sur le projet de loi visant à réformer Banca Italia. A Enrico Letta (ADLE/Italie), il a dit ne pas pouvoir « préjuger de la position du Conseil des gouverneurs », qui rendra son avis « dès que possible » sur cette réforme. M. Trichet a toutefois jugé qu'une « durée limitée du mandat (du Président de la Banque d'Italie) est clairement en ligne avec le consensus mondial et européen ». Quant à l'application de cette nouvelle disposition à Antonio Fazio, M. Trichet a procédé par ellipse, soulignant le risque de créer un précédent préjudiciable à l'indépendance des banques centrales si l'on accepte qu'un simple changement des textes permette de destituer un gouverneur, quel qu'il soit. Il s'agit de « respecter les dispositions du traité et d'appliquer une durée ultérieure minimale », a-t-il estimé.