login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9027
Sommaire Publication complète Par article 28 / 33
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/egalite des genres

Une audition publique du PE met en exergue la nécessité d'avoir un Institut européen du Genre autonome, avec une bonne dotation financière, afin de contribuer à la stratégie de Lisbonne en matière d'égalité des chances

Bruxelles, 14/09/2005 (Agence Europe) - A l'occasion de la Journée de la femme le 8 mars dernier, le Président de la Commission José Manuel Barroso, avait témoigné à Strasbourg de son engagement en faveur de la promotion de l'égalité entre hommes et femmes en annonçant la création d'un Institut européen pour l'égalité entre les femmes et les hommes, comme demandé par le Conseil européen (voir EUROPE n°8904). Depuis lors, les députés européens ont travaillé d'arrache-pied pour que cet Institut européen puisse être créé au plus vite. Dans ce contexte, la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres du PE a organisé le 13 septembre à Bruxelles une audition publique sur cette proposition de la Commission..

Garantir l'autonomie de l'Institut et lui assurer une bonne dotation financière - « et non pas de miettes », comme l'a souligné d'entrée de jeu Lissy Gröner (PSE, Allemagne) - pour qu'il fasse progresser le volet de la stratégie de Lisbonne sur l'égalité des chances: voici les principales revendications formulées par les parlementaires. Et, comme l'a rappelé la vice-présidente de la commission Edite Estrela (PSE, Portugal), « il ne faut pas oublier l'énorme élan apporté par la Présidence luxembourgeoise qui s'est consacrée très fort » à cette question (EUROPE n°8882).

En présentant la proposition de la Commission, Luisella Pavan-Woolfe, directeur à la DG Emploi, a rappelé que la création d'un tel Institut doit: « lancer un signal fort pour la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes ». « Treize directives ont été rédigées, deux cent arrêts de la Cour de Justice prononcés, cela montre l'importance de l'égalité des genres pour la vie des gens en Europe », a notamment souligné Mme Pavan-Woolfe pour qui cet Institut doit être « un centre technique d'excellence pour nous assister dans la rédaction de la législation, la conception des politiques et leur mise en œuvre, pour atteindre les objectifs de Lisbonne ». Les députés ont entendu plusieurs experts nationaux, comme le Professeur Susanne Baer (Faculté de Droit, Université Humboldt à Berlin), qui a illustré l'expérience d'un institut national, le « GenderKompetenzzentrum ». Le Professeur Paolo Feltrin (Tolomeo Studi e Ricerche, Université de Trévise) a reconnu que la phase la plus difficile sera celle du lancement, du « décollage », de l'Institut au cours de ses cinq premières années d'existence (2007-2013). C'est la phase dite « de l'institutionnalisation, qui lui permet de s'enraciner et d'être reconnu ». M. Feltrin a souligné la nécessite de délimiter clairement les tâches de l'Institut et de préciser le profil de son directeur (« un statisticien ? »). La présidente du Lobby européen des Femmes (LEF) Kristi Kolthoff a plaidé, pour sa part, pour une structure interne avec une forte représentation de femmes. Quant à la vice-président de « New Women for Europe » Andrea Ettl, elle a insisté sur la neutralité de l'Institut du point de vue politique et sur son ouverture à d'autres domaines de recherche et d'analyse, comme par exemple les changements démographiques. Selon elle, « cet Institut ne doit pas être le législateur d'un lobby, il doit maintenir une approche pluraliste et sensibiliser les décideurs aux attentes des hommes et des femmes en Europe ».

Répondant aux participants, Mme Luisella Pavan-Woolfe a précisé: 1) « une des conditions sine qua non pour faire cette proposition était sa neutralité budgétaire, sinon on n'aurait pas pu obtenir l'aval du Conseil » ; 3) l'Institut ne doit pas devenir législateur, il doit être « indépendant et apolitique », il doit jouer un rôle de promotion, analyse, évaluation sans intervenir dans le processus législatif.

En conclusion, Lissy Gröner a estimé qu'à la tête de l'Institut « il faudrait une personne concernée par les questions de l'égalité hommes/femmes, qui veille à la défense de l'intérêt de la femme ; donc, pas un statisticien, mais une femme ». Amalia Sartori (PPE-DE, Italie), co-rapporteur avec Mme Gröner, a insisté elle aussi sur le fait que l'Institut sera « technique » et qu'il faudra définir au mieux ses compétences et entretenir un dialogue constant et direct avec les instances nationales. Le « décollage » doit bien se faire, les politiques « évoluent, mûrissent », a affirmé l'élue de Forza Italia, en lançant: nous n'avons pas besoin d'un Eurostat « rose », mais d'une structure agile et interactive.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES