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Bulletin Quotidien Europe N° 8956
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/euromed

La 7ème conférence ministérielle EuroMed les 30 et 31 mai à Luxembourg préparera le dixième anniversaire de Barcelone

Bruxelles, 27/05/2005 (Agence Europe) - La 7ème conférence ministérielle EuroMed aura lieu le 30 et le 31 mai à Luxembourg, sous la présidence de Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères partenaires et avec la participation de ses collègues de l'UE et des 10 pays partenaires (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Palestine, Israël et Turquie), de la Libye comme pays invité et de la Mauritanie comme observateur ainsi que de la Commission européenne, du Haut représentant pour la PESC et de représentants de l'Assemblée parlementaire Euromed (présidée actuellement par Josep Borrell), de la BEI, de La Ligue arabe et de l'UMA également comme observateurs. La session ministérielle sera précédée dès dimanche de réunions des hauts fonctionnaires qui auront la tâche de finaliser une déclaration finale, commune si les négociations sur divers volets de ce texte aboutissent, sinon unilatérale européenne sous forme de « conclusions de la présidence ». La récente réunion préparatoire à Bruxelles (EUROPE N. 8953) a montré que plusieurs divergences demeurent, en particulier sur le volet politique. Toutefois, selon une source communautaire, les points de vue ne seraient pas diamétralement opposés. La revendication des pays partenaires porterait plus sur le caractère paritaire du dialogue à instaurer et sur la prise en compte des « spécificités de chacun ». Cela devrait se traduire en un consensus sur un rôle plus direct des sociétés civiles, pour une observation systématique des processus électoraux et une grande attention pour la liberté d'expression des médias. De manière générale, ce dialogue comporterait un accompagnement persuasif des efforts que chaque pays est invité à accomplir en matière de démocratie et de respect des droits de l'homme.

La session sera consacrée pour l'essentiel à la célébration, en novembre prochain à Barcelone, du 10ème anniversaire du processus EuroMed, probablement en présence des chefs d'Etat et de gouvernement. Dans la perspective de ce « sommet », l'UE et ses dix partenaires vont se livrer à une évaluation exhaustive de cette politique et ils devraient adopter les grandes lignes de cette coopération future et donner le feu vert à la Commission européenne et au Comité de hauts fonctionnaires pour en détailler les mesures pratiques. Le premier exercice, analyse des acquis, sera fait sur la base d'un bilan, certes « mitigé », déjà dressé par la Commission, mais qui ne remet en cause ni l'intérêt ni l'acquis, comme elle le soulignait dans sa communication d'avril dernier. Dans cette communication, la Commission propose un plan d'action pour les cinq prochaines années axé sur les réformes et suggère notamment « la tenue, en 2006, d'une conférence euro-méditerranéenne sur les droits de l'homme et la démocratisation, qui aura été préparée au niveau sous-régional ». Ce bilan a été également nourri par diverses contributions d'Etats membres (essentiellement de l'Allemagne et de la future Présidence britannique), de l'APEM (Assemblée parlementaire EuroMed), de pays partenaires et d'organismes externes (Euromesco pour les aspects politiques et Femise pour les volets économiques). La politique européenne de voisinage sera également examinée: les ministres vont, selon des sources communautaires, s'efforcer de donner plus de substance à cette nouvelle politique que la Commission européenne présente comme le complément plutôt que le remplacement du processus de Barcelone. Actuellement, seuls la Jordanie, Israël et l'Autorité palestinienne ont finalisé les « plans d'action » les concernant. Le Maroc est en passe d'approuver le sien (le retard serait à mettre au compte de révision de la traduction) et la Tunisie semble hésitante, mais la thèse officielle est qu'il faut d'abord mener des consultations internes. L'Egypte serait plus que réservé et son représentant, lors de la dernière réunion préparatoire à Bruxelles, s'était montré très critique exprimant ainsi, plus nettement que les autres pays de la région, une nette réserve à l'idée d'instaurer une « conditionnalité politique » à l'octroi d'appuis financiers.

Globalement, il résulte des discussions préparatoires l'amorce d'un consensus pour intensifier le dialogue politique, pour améliorer la marche vers l'intégration des pays de la rive Sud et Est dans le marché intérieur européen et, en accompagnement, la promesse d'une hausse « substantielle » des moyens financiers par le biais d'un nouvel « instrument de voisinage » qui remplacera MEDA dans le cadre des perspectives financières 2007-2013. Ces aides financières seront, selon des sources de la Commission, prioritairement affectées à l'appui aux réformes politiques, économiques et administrative, qui sont d'ailleurs les objectifs assignés aux « plans d'action » par pays conçus dans la « politique de voisinage ». Mais la Commission devra convaincre les pays partenaires de la fiabilité de cette articulation d'une approche à deux niveaux (bilatéral et général). Les pays partenaires expriment ouvertement leur perplexité face à ce qu'ils perçoivent comme un glissement du « multilatéral » vers le « bilatéral ». Selon des sources communautaires, leurs craintes seraient plus motivées par le refus de s'engager dans une formule où les appuis financiers seraient assurés en fonction du « mérite » politique.

Le programme pour le futur vise aussi à améliorer le cadre d'accueil de l'investissement étranger. En outre, la Commission propose aussi une coopération pour « soutenir la création d'emplois et une croissance économique durable par la libéralisation des échanges et l'intégration régionale » et d'envisager une libéralisation des services, sur laquelle, cependant, les pays partenaires sont relativement réservés. Les ministres prendront connaissance des diverses actions proposées pour les cinq années à venir dans tous les domaines de la coopération (énergie, transports, éducation, environnement, etc.). Un point particulier est à retenir: la volonté affichée de «donner davantage de visibilité au partenariat, tant à l'intérieur de l'UE que dans les pays partenaires » et de faire de 2005 «l'année de la Méditerranée », comme l'affirme la Commission.

 

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