Bruxelles, 24/05/2005 (Agence Europe) - Le débat du PE sur le rapport de la Suédoise Cecilia Malmström (ALDE) sur les relations UE/Russie, mercredi, a montré une fois de plus combien les déficits démocratiques en Russie et l'absence d'une solution politique en Tchétchénie pèsent sur les possibilités d'une intensification des relations avec Moscou à l'avenir. Personne n'a mis en cause l'importance de la Russie en tant que « partenaire stratégique » avec lequel l'UE devrait partager non seulement des intérêts économiques et commerciaux mais aussi l'objectif d'agir ensemble sur la scène internationale pour assurer la paix, la stabilité et la sécurité, lutter contre le terrorisme international, traiter des problèmes environnementaux, etc.. Mais de nombreux députés ont réclamé de l'UE davantage de pression sur Moscou pour obliger le Président Poutine à respecter les valeurs démocratiques et les règles de l'Etat de droit. Le rapport Malmström, qui sera voté jeudi, souligne que ces déficits démocratiques affectent à la fois le peuple russe et les relations étrangères de Moscou, et que « aussi longtemps que cette évolution ne sera pas inversée, le développement du partenariat UE-Russie sera plus difficile ». Le rapporteur s'inquiète aussi des discriminations à l'encontre de certains groupes ethniques (comme le peuple mari) et des manifestations d'antisémitisme en Russie. Au nom de la Présidence luxembourgeoise, Nicolas Schmit a salué les "résultats très importants" du Sommet UE/Russie du 10 mai à Moscou (notamment l'adoption des feuilles de route pour la mise en oeuvre des quatre espaces communs: voir EUROPE n° 8944). "Nous sommes d'accord avec l'objectif d'évoluer vers une Grande Europe (énoncé par le Président Poutine: NDLR), mais à condition qu'elle soit fondée sur les valeurs et principes démocratiques que nous défendons", a dit M.Schmit, qui a rappelé que l'UE et la Russie ont entamé en avril dernier un dialogue sur les droits de l'Homme et des minorités, "un dialogue qui doit être constructif et qui doit être poursuivi comme étant un élément actif et important de notre partenariat", a dit M.Schmit. Cecilia Malmström, a exhorté Moscou à cesser de penser en termes de « sphères d'influence » et de cesser de s'immiscer dans les affaires des Etats voisins, par crainte d'y voir se développer des mouvements démocratiques qui pourraient réduire l'influence russe. "Poutine et la Russie doivent comprendre que les pays voisins ne font plus partie de leur sphère d'intérêt, car ceux qui cherchent aujourd'hui de la stabilité et de la sécurité ne se tournent plus vers Moscou mais vers l'UE", a-t-elle dit. La Russie est très importante pour la stabilité en Europe, et nous voulons coopérer avec elle, "mais cela doit se faire dans le respect de certaines valeurs", a souligné le Vert allemand Milan Horacek. "Même si l'UE est dépendante de la Russie sur le plan de l'énergie, ce n'est pas une raison pour négliger nos valeurs (…) des valeurs qui sont actuellement bafouées en Russie", s'est-il exclamé, affirmant que certains dirigeants russes se comportent comme des "rapaces". Armin Laschet (CDU), tout en partageant ces critiques, a mis en garde devant une attitude trop sévère à l'égard de la Russie "qui n'est pas un pays candidat". "Le rapport que nous discutons aujourd'hui n'est pas le rapport régulier de la Commission sur les pays candidats", a-t-il remarqué, estimant que l'UE ne devrait pas trop jouer au « maître d'école ». EUROPE reviendra sur ce débat et sur le vote.