Bruxelles, 25/05/2005 (Agence Europe) - L'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a révisé mercredi à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2005, à 1,2%, contre 1,9% à l'automne dernier. « Le scénario de reprise partagée ne s'est pas matérialisé » pour l'ensemble de la zone OCDE et si les perspectives économiques apparaissent « solides en Asie », de retour « à la tendance aux Etats-Unis », alors qu'elles sont toujours « faibles et incertaines en Europe ». Aux Etats-Unis, les perspectives de croissance ont été revues à la hausse, à 3,6%, par rapport aux anticipations de novembre 2004 (3,3%). La croissance asiatique s'établit désormais à 1,5%, contre 2,1%. Dans l'ensemble, la hausse des activités économiques des trente pays membres de l'OCDE devrait se situer à 2,6% en 2005 et 2,8% en 2006.
Dans l'éditorial sur ses prévisions économique de printemps, le chef économiste de l'OCDE estime que « les explications de circonstance (guerre d'Irak, chocs pétroliers, fluctuations de change…) ne suffisent pas à expliquer la succession de reprises avortées en Europe ». Dès lors, « en dépit d'un rebond au premier trimestre 2005 - plus statistique que réel - la croissance mollit à nouveau et une franche résurgence de l'activité paraît peu probable avant la fin de l'année 2005 », souligne Jean-Philippe Cotis. En France la croissance ne devrait pas dépasser 1,4% en 2005, en Allemagne elle arrivera péniblement à 1,2%, aux Pays-Bas et au Portugal elle plafonnera à respectivement 0,5% et 0,7%. Selon l'OCDE, la situation est sans appel en Italie, où le PIB devrait reculer de 0,6% cette année. L'Espagne affichera une croissance de 3%, en hausse par rapport à 2004, tout comme l'Irlande qui devrait atteindre 5,3%. Soutenir la demande intérieure reste l'enjeu principal de la zone euro, analyse M. Cotis, pour qui la Banque centrale européenne (BCE) a un rôle à jouer « via une baisse des taux d'intérêts à court terme », d'un demi-point, à 1,5%. Selon lui « dans le contexte actuel de faible inflation sous-jacente et d'activité déprimée, il existe à l'évidence de forts arguments en faveur d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire ».