Bruxelles, 25/05/2005 (Agence Europe) - « Non à une Europe sacrifiée par de cyniques arbitrages budgétaires ! », dit aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, aux Commissaires européens et aux députés européens concernés, le Président de la Conférence des Régions périphériques maritimes (CRPM) Claudio Martini, inquiet de la tournure que prennent les négociations sur les perspectives financières 2007-2013 (voir notamment EUROPE n°8952). « A la lecture des dernières propositions de la Présidence luxembourgeoise, il semble entendu que les quatre années de préparation d'une nouvelle phase de la construction européenne risquent fort de déboucher à nouveau sur un repli national. C'était déjà le cas à Berlin en 1999, ça risque de l'être plus encore à Bruxelles en juin 2005. Ce résultat annoncé est d'autant plus regrettable qu'il risque d'être obtenu malgré les fermes convictions européennes et les talents de négociation déployés par la présidence », écrit Claudio Martini dans son appel. M. Martini s'insurge des réponses que, selon lui, l'UE donnerait aussi à une série d'avancées politiques majeure: - une unification historique et sans précédent du continent européen ? L'on souhaite réduire encore les crédits de la politique de cohésion à 0,37% du revenu national brut de l'UE des 27 contre 0,41% dans les propositions déjà très timides de la Commission européenne !; - une stratégie de Lisbonne qui doit faire de l'Europe l'économie la plus compétitive au monde ? L'on réduit à néant l'effort consacré à la recherche, l'innovation, les RTE-T, à l'emploi et à la formation ; - une Europe plus démocratique, plus proche des citoyens, et qui renforce l'implication des collectivités locales et régionales ? L'on réduit à une part inacceptable et à peine symbolique l'objectif « compétitivité régionale et emploi qui concerne plus de 65% de la population européenne !; - une Europe qui doit donner plus de poids au Parlement européen pour renforcer son fonctionnement démocratique ? La Présidence du Conseil qui semble ignorer totalement les conclusions politiques du travail sans précédent réalisé par le rapport Böge !; - 17 Etats sur 25 qui se sont mobilisés en tant qu'amis de la cohésion ? L'on continue de n'évoquer que le groupe des 6 pays les plus riches, divisés et incapables de s'entendre sur les chapitres prioritaires du budget ou sur les méthodes de financement de l'Union !
A l'heure où nombre d'organisations européennes mènent campagne à travers l'Europe pour défendre la Constitution européenne, « les négociations budgétaires risquent fort de décourager les plus chauds partisans », craint M. Martini en demandant: « Certains Etats ont-ils déjà décidé de noyer l'Europe dans la globalisation ? Doit-on limiter nos actions collectives à un repli commercial défensif face aux nouvelles puissances mondiales ? Devons-nous sacrifier un modèle social de développement cité en exemple dans bien d'autres continents ? ». Le Président Barroso a raison de parler d'une Europe au rabais. Espérons qu'il ne s'agisse pas d'une Europe sacrifiée » ! conclut M. Martini.