Bruxelles, 25/05/2005 (Agence Europe) - Un accord en juin sur les prochaines perspectives financières 2007-2013 « devient de moins en moins faisable », notamment après l'annonce d'élections législatives anticipées en Allemagne, affirme Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois et président en exercice du Conseil européen, dans un entretien au quotidien belge Le Soir daté du 25 mai.
« Je crois que notre présidence se terminera mal », confie M. Juncker. « En ce qui concerne les perspectives financières, je crois que l'affaire devient de moins en moins faisable, notamment après l'annonce allemande d'appeler aux urnes en septembre ». Toutefois, M. Juncker promet de continuer à négocier sur ce dossier, « ne fût-ce que pour pouvoir démontrer, d'ici un an ou deux, que par rapport à notre dernière proposition, le texte adopté sera exactement ou presque identique à celui que nous laissons ». Ce texte a été présenté le 22 mai aux ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE, réunis en conclave, et a suscité beaucoup de critiques (EUROPE n°8952). Ces mêmes ministres se réuniront encore en conclave le 12 juin. Entre-temps, M. Juncker a prévu de s'entretenir du dossier avec tous les autres chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.
Qualifiant de « grave » une absence de solution sur le cadre financier 2007-2013 lors du Conseil européen des 16 et 17 juin, M. Juncker répète que, selon lui, il n'y aura pas d'accord sous présidence britannique (qui commence le 1er juillet). Ensuite, en 2006, les présidences autrichienne et finlandaise « n'auront aucune liberté de manoeuvre, elles seront soumises à tous les matraquages pour finaliser un paquet qui devrait l'être dans la sérénité », estime-t-il. Pour M. Juncker, la question du chèque britannique est bien la clef de la négociation. « Les Britanniques prennent conscience que sans traitement différent de leur chèque, aucune solution n'est possible sur les perspectives financières », affirme-t-il.