login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8952
Sommaire Publication complète Par article 25 / 44
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/bce

La croissance de la zone euro restera modeste, confirme M.Trichet, qui assure que le yuan est sous-évalué par rapport à l'euro

Bruxelles, 23/05/2005 (Agence Europe) - En estimant que les conditions d'une croissance modérée pour 2005 et 2006 étaient en place, le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a livré lundi après-midi aux députés européens une analyse de la situation économique conforme à celle présentée lors de précédentes rencontres trimestrielles avec les parlementaires de la commission économique et monétaire. Il a en outre rappelé le souhait de la BCE d'une application stricte des règles du Pacte de stabilité et a dressé le tableau d'une zone euro où les divergences de croissance entre Etats membres si elles ne sont pas anormales, ne peuvent pas être ignorées. Quant à la flexibilisation des monnaies asiatiques, M. Trichet a expressément cité le yuan comme une devise sous-évaluée par rapport au dollar et à l'euro.

« Les risques à la baisse se sont partiellement matérialisés durant les derniers mois », a souligné M. Trichet. La hausse du PIB de 0,5% au premier trimestre peut sembler favorable par rapport au 0,2% au dernier trimestre 2004, mais cette hausse est due à des ajustements techniques (notamment le nombre de jours travaillés), et la croissance modeste réelle du dernier trimestre se poursuivra dans la première moitié de 2005, a observé le Président de la BCE. « L'investissement devrait continuer à bénéficier de solides résultats, de l'amélioration de l'efficacité des entreprises et de conditions de financement très favorables. Du côté externe, les exportations de la zone euro devraient continuer à bénéficier de la croissance économique mondiale », a-t-il ajouté. « Pas de preuves significatives » non plus de pressions inflationnistes sous-jacentes, même si les risques à la hausse demeurent, précise encore M. Trichet. « Les monnaies d'un certain nombre de pays émergents asiatiques sont sous-évaluées par rapport aux monnaies internationales, en particulier l'euro et le dollar », a rappelé aussi M. Trichet, en soulignant: « c'est le cas de la devise chinoise, mais pas uniquement ». A Karsten Friedrich Hoppenstedt (PPE-DE, allemand) qui lui demandait de préciser l'ordre de grandeur de la sous-évaluation du yuan par rapport à l'euro, M. Trichet a répondu: « il y a problème, et il doit être résolu », mais « c'est à nos partenaires chinois de réfléchir à cela ».

A propos des disparités d'inflation et de croissance dans la zone euro, M. Trichet a répété, comme après l'Ecofin informel (EUROPE n° 8948), qu'il s'agissait d'un « trait récurrent des grandes zones monétaires », mais qu'ils « doivent être évoqués car ils reflètent des différences structurelles ». Disparités aussi en termes de chiffres budgétaires, puisqu'en 2005 de nombreux pays devraient enregistrer un déficit supérieur à 3%, a noté M. Trichet, qui souhaite que le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) soit « appliqué de façon stricte et en temps voulu, pour revenir rapidement à de bonnes positions budgétaires ». Un point de vue qu'il a notamment rappelé à l'élu allemand de la CSU, Alexander Radwan, à qui il précise: « C'est extrêmement important, c'est la crédibilité de tout le système européen, de la zone euro et de l'Union économique et monétaire qui est en jeu ». « Pourquoi la BCE continue de nous faire peur ? », s'est demandé le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels, en citant plusieurs études faisant état d'un niveau de productivité relativement proche des deux côtés de l'Atlantique. « Nous essayons de comprendre », a répliqué M. Trichet, qui explique que la BCE et les économistes observent depuis 1995 et 1996 une accélération des progrès de la productivité du travail aux Etats-Unis et une décélération par employé et par heure produite dans l'UE.

Le Président de la BCE a en revanche opposé une fin de non-recevoir à la question du libéral allemand Wolf Klinz qui s'est interrogé sur la possibilité pour la BCE d'offrir des prêts selon des critères de rémunération différents en fonction de la qualité des efforts fournis par les Etats membres en termes de stabilité budgétaire. « Nous demanderons davantage de garanties si l'analyse du marché est moins favorable », a-t-il encore répondu à Werner Langen (PPE-DE, allemand), préférant laisser aux marchés le soin de se poser la question. Répondant aux critiques sur la politique monétaire unique de la BCE (« one fits all »), M. Trichet a estimé que “toutes les économies, sans exception, bénéficient de la monnaie unique ». Interrogé par Cristobal Montoro Romero (PPE-DE, espagnol) sur la relation entre déficit public et confiance des agents économiques, M. Trichet a expliqué qu'un certain niveau de déficit ne « stimule pas la croissance ou la création d'emplois », mais entraîne « une absence de décision d'investissement ou de consommation ». A la socialiste française Pervenche Berès, il a concédé que « le niveau d'épargne en Europe est à peu près au niveau de nos investissements », même si « nous pouvons investir mieux, voire peut-être beaucoup mieux et peut-être même plus ».

Aux questions à répétition sur les référendums sur le traité constitutionnel, notamment de la socialiste néerlandaise Ieke van den Burg, M. Trichet a donné la même réponse: « je pars de l'hypothèse que le oui l'emportera ». A Paolo Cirino Pomicino (PPE-DE, italien), il a lancé: « je suis un militant de l'Europe » et « c'est parce que j'ai confiance que je dis que le oui l'emportera ».

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE