Bruxelles, 23/05/2005 (Agence Europe) - Dans une « Lettre ouverte à nos amis européens qui veulent voter non » lors du référendum sur la Constitution européenne, les membres du Conseil d'administration de Notre-Europe, la fondation créée par le Président Delors - Jacques Delors en tête mais aussi Pascal Lamy, François Lamoureux, Eneko Landaburu, Elisabeth Guigou, Jean Nestor, Jean-Louis Quermonne, Christine Verger, Nicole Gnesotto, Philippe de Schoutheete et Joachim Bitterlich - expliquent leur oui à cette Constitution, »sans doute trop longue , et parfois mal écrite », mais qui offre des moyens « pour nos ambitions communes: donner une véritable vocation fédérale à l'Union ». Tout en regrettant qu'aucun Etat n'ait voulu suivre le Président Prodi lorsqu'il avait proposé une procédure plus souple de révision « de cette fameuse partie III sur les politiques de l'Union », les signataires notent en particulier que: - la Constitution « permettra l'avant-garde de ceux qui veulent créer une armée européenne » (« il y a un « traité dans le traité » pour ce faire, sans avoir à recourir à l'unanimité des vingt-cinq, sans lien de subordination à l'OTAN, avec une clause d'assistance automatique », écrivent-ils) ; - la Charte des droits fondamentaux est « la fondation de l'édifice social que nous voulons bâtir » ; - après « le bricolage du Traité de Nice », l'extension du vote à la majorité qualifiée fait que si la Constitution entre en vigueur, « des décisions de première importance qui sont bloquées aujourd'hui pourraient être adoptées ipso facto » (par exemple la décision cadre sur le racisme et la xénophobie) ; - le texte offre à l'UE « deux nouvelles politiques - dont personne ne parle- qui permettent à l'Europe d'assurer son avenir »: une politique intégrée de l'énergie (« pourquoi ne réussirait-on pas, avec cette Constitution, à régler nos problèmes de dépendance en énergie, comme nous l'avons fait pour l'autosuffisance agricole ? », demandent les signataires), et la politique de l'espace. N'écoutez pas le chant des sirènes du « plan B », insistent-ils, en avertissant: « le non français sonnerait pour longtemps le glas du seul plan que justifie notre ardeur commune pour plus d'Europe, le plan F, comme « Fédération des Etats nations » ».