Bruxelles, 20/05/2005 (Agence Europe) - Dans une déclaration diffusée le 19 mai au nom de l'Union européenne, la Présidence luxembourgeoise prend note des derniers développements en Côte d'Ivoire et salue le rôle joué par l'Union Africaine et le Président Sud-africain Thabo Mbeki, qui a, « par son action décisive, su remobiliser les principaux acteurs ivoiriens » (voir aussi EUROPE n° 8950 au sujet de la rencontre Troïka de l'UE/Cedeao). La déclaration poursuit: « La signature à Pretoria le 6 avril dernier par les parties ivoiriennes d'un accord déterminant, destiné à permettre à la Côte d'Ivoire de sortir de la crise politique qui paralyse le pays depuis plus de deux ans, s'est traduite par des avancées considérables que l'UE salue. Ainsi, la décision prise par le Président Gbagbo d'autoriser les signataires de l'accord de Linas-Marcoussis à se présenter à l'élection présidentielle constitue une avancée positive et un pas important vers la réconciliation du peuple ivoirien. De même, la signature par les forces armées nationales de la Côte d'Ivoire et les forces armées des Forces Nouvelles, le 14 mai, à Yamoussoukro, d'un accord relatif au processus de désarmement et de démobilisation des belligérants, incluant un calendrier, est une nouvelle avancée dans l'application de l'accord de Pretoria. Il convient à présent que les parties tiennent leurs engagements respectifs sans retard. L'UE rappelle également que la tenue d'élections libres et transparentes constitue la clé de voûte du processus de réconciliation en Côte d'Ivoire. Elle appelle en conséquence les Ivoiriens à tout mettre en oeuvre, et à collaborer pleinement avec la communauté internationale, et en particulier avec les Nations unies, pour que ces élections, désormais fixées au 30 octobre 2005, puissent se tenir normalement et que leur préparation ne souffre plus d'aucun délai. Il importe maintenant que les réformes législatives agréées à Pretoria comme préalables aux élections soient confirmées par le Gouvernement et l'Assemblée Nationale de la Côte d'Ivoire. A cette fin, l'UE est favorable à ce que le mandat et les moyens de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) soient renforcés afin de lui permettre de jouer un plus grand rôle dans la phase essentielle du processus de désarmement. L'UE estime également que les Nations Unies devraient pouvoir jouer une part active dans l'organisation et le contrôle des élections. L'UE est disposée pour sa part à accompagner les progrès qui pourraient être faits dans le domaine du désarmement des factions. Elle est également prête à apporter son appui à l'organisation des élections. En tout état de cause, l'UE estime qu'une supervision internationale permettant de juger si les normes et standards internationaux ont été observés est essentielle pour lui permettre de relancer pleinement sa coopération avec la Côte d'Ivoire, au côté des autres bailleurs de fonds internationaux dont le pays a besoin pour renouer avec le progrès et le développement ».