Bruxelles, 20/05/2005 (Agence Europe) - Dans une interview à Libération du 20 mai, le Président du Conseil européen Jean-Claude Juncker affirme que si la France disait non à la Constitution européenne, « nous éprouverons tous une énorme déception. La France, pays fondateur, aura dit non à l'évolution naturelle de l'Union européenne vers une structure de solidarité irréversible. (…) Moi, qui suis un ami de la France, je me dirais qu'elle s'affaisse et qu'elle n'est plus le guide que nous pensions ». Un non provoquerait une crise, oui, mais c'est faux de croire que ce serait une crise « salutaire », estime le Premier ministre luxembourgeois, en ajoutant: « Il y aura sans doute un jour lointain de nouvelles négociations, mais elles ne porteront plus sur la densité des ambitions » du traité constitutionnel. Si quelqu'un devait avoir un « plan B » dans l'hypothèse d'un non à la Constitution, c'est bien moi, note M. Juncker, en précisant: « Or, je n'ai pas de plan B, ni pour le court ni pour le long terme ; et personne ne m'a demandé d'y réfléchir, ce dont je serais structurellement incapable. (…) L'ambition de l'Europe ne se décline pas en plan A, B ou C… ». Par ailleurs, M. Juncker dit qu'il serait « parfaitement imaginable que ceux qui auront ratifié le traité décident de le mettre en vigueur entre eux », mais écarte cette hypothèse, « parce que le Luxembourg ne voudra pas s'embarquer sur un bateau sur lequel il n'y aurait pas de Français. Je ne me se sentirais pas à l'aise sur une telle galère ».