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Bulletin Quotidien Europe N° 8951
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement

La première réunion de l'ONU consacrée à la lutte contre le changement climatique après Kyoto n'a permis aucune avancée

Bruxelles, 20/05/2005 (Agence Europe) - Organisée à Bonn - où siège le secrétariat de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques - les 16 et 17 mai derniers, une première réunion informelle (intitulée « Séminaire de Bonn ») de l'ONU consacrée à l'avenir de la lutte contre le changement climatique après l'arrivée à échéance du protocole de Kyoto n'a pas permis aux 150 pays participants de se fixer pour l'heure des objectifs ambitieux pour l'après-Kyoto. Elle a d'autre part confirmé les réticences des Etats-Unis à tout accord multilatéral et celles de l'Inde à tout engagement de maîtrise de gaz à effet de serre.

Le protocole de Kyoto, entré en vigueur à la mi-février et qui impose des réductions de gaz à effet de serre aux seuls pays industriels à l'échéance 2012 (en ne visant que 33% des émissions mondiales), prévoit le lancement de négociations cette année en vue d'un nouvel accord post-2012. Si les experts gouvernementaux de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, se sont dit « déterminés » à trouver un successeur au protocole de Kyoto, la plupart des délégations se sont néanmoins gardées d'évoquer clairement l'avenir en réservant leurs positions pour la Conférence ministérielle de Montréal sur le climat en décembre prochain. « La protection du climat ne doit pas prendre fin en 2012. Les entreprises et les investisseurs veulent prévoir ce qui se passera au-delà », a pourtant estimé le ministre allemand de l'Environnement, Jürgen Trittin, en ouverture du séminaire. Seuls l'Afrique du Sud, le Mexique, la Norvège et Tuvalu ont montré leur détermination pour que la Conférence de Montréal adopte un mandat de négociation et fixe ainsi les lignes générales d'un futur accord. Les coprésidents de la réunion, le Japonais Masaki Konishi et le Malaisien Chow Kok Kee, se sont toutefois félicités d'un « échange de vues très franc et productif » en exprimant l'espoir que la « bonne atmosphère » du séminaire de Bonn influencerait positivement les négociations en décembre au Canada.

L'UE a présenté les politiques qu'elle a déjà engagées et ses positions sur les aspects scientifiques, économiques et technologiques du dossier sans jamais évoquer directement l'avenir, pour « éviter de provoquer les Etats-Unis et les grands pays émergents sans lesquels les réductions d'émissions nécessaires ne pourront jamais être atteintes », a expliqué un chef de délégation de l'UE cité par Le Monde. Les États-Unis ont pour leur part reconnu la nécessité de prendre des mesures à court terme, tout en soulignant leur souci de maintenir la croissance économique car elle permet d'améliorer le niveau de vie mondial. Ils ont également rappelé que Washington a décidé de consacrer 5,2 milliards de dollars cette année à la lutte contre le changement climatique, notamment par le biais de programmes d'énergie propre à court et long terme sur lesquels ils comptent pour régler le problème de l'effet de serre. La délégation américaine a exposé l'état de la coopération internationale actuelle sur une série d'initiatives lancées par Washington: Generation IV (quatrième génération de réacteurs nucléaires de fission), Methane to Markets Partnership (destiné à éviter les émissions de méthane des mines de charbon et du secteur des hydrocarbures), Carbon Sequestration Leadership Forum (captage et séquestration du CO2), International Partnership for the Hydrogen Economy (économie de l'hydrogène et production d'électricité à zéro émission), Global Earth Observation System (observation de la Terre en matière d'environnement, de météo, d'agriculture et de catastrophes naturelles), ainsi que des accords bilatéraux et régionaux en matière de science et technologie climatique. Cependant, les Etats-Unis ont refusé de prendre des engagements chiffrés pour l'après-2012. Soulignant les divergences de vues entre les pays, le principal négociateur américain sur l'environnement présent à Bonn, Harlan Watson, s'est montré pessimiste sur l'éventualité d'un accord susceptible de prolonger au-delà de 2012 le protocole de Kyoto. « Il est difficile d'imaginer que les émissions ne vont pas poursuivre leur hausse », a-t-il expliqué en faisant référence à la croissance économique et démographique des Etats-Unis.

L'Australie, qui a refusé de ratifier le protocole de Kyoto, se dit ouverte à des solutions à long terme concernant le changement climatique et a souhaité de nouveaux progrès, aussi bien dans l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre que dans l'adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Grâce aux politiques qu'elle a mises en œuvre, elle se considère « en bonne voie » pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre au niveau convenu à Kyoto. Les grands pays émergents, l'Inde, l'Indonésie, le Brésil et la Chine, ont rappelé qu'ils n'entendaient pas se joindre, du moins pour le moment, aux efforts collectifs. « Nous espérons que les pays développés respecteront leurs engagements. La manière dont ils le feront ou non influera sur nos propres actions à venir », a déclaré Gao Feng, le chef de la délégation chinoise. La Chine a d'autre part rappelé qu'elle aura d'énormes besoins énergétiques dans les 30 années à venir qui entraîneront inévitablement une hausse de ses émissions de CO2. Elle a estimé en outre que le transfert des technologies propres par les pays industriels était la clé de la maîtrise des rejets. Le Brésil a insisté sur la nécessité d'un après-2012 et d'une extension d'un mécanisme de Kyoto qui facilite les investissements propres au Sud. Faisant allusion à plusieurs signataires du protocole de Kyoto, dont l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la Grèce, la Nouvelle-Zélande et le Canada, qui affichent des taux d'émission supérieurs à ceux des Etats-Unis et violent leurs engagements internationaux, l'Inde a pour sa part attaqué les pays riches qui « continuent d'augmenter leurs émissions au lieu de les réduire » et « violent leurs engagements en matière d'aide financière et de transfert de technologies propres au Sud », rejetant ainsi tout engagement futur sur la maîtrise d'émissions qui entraverait son développement.

Le responsable de la Maison Blanche rencontre trois Commissaires européens

Signalons par ailleurs que le responsable de la Maison blanche pour les questions environnementales, James L. Connaughton, a rencontré mercredi les Commissaires européens à l'Environnement Stavros Dimas, à l'Energie Andris Piebalgs, et aux Transports Jacques Barrot pour discuter des questions environnementales et de lutte contre le changement climatique, en prélude à la prochaine réunion des pays du G8 et au prochain Sommet UE/Etats-Unis. S'exprimant devant la presse en marge de ces rencontres, et rappelant les résultats prometteurs pour l'avenir de la coopération UE/Etats-Unis en matière de changement climatique obtenus lors de la venue à Washington de M. Dimas en avril (EUROPE n° 8933), M. Connaughton a notamment estimé que « la gamme, l'intensité et la diversité des mesures » des politiques américaine et communautaire en matière de développement durable et de lutte contre le changement climatique avaient « plus de 80 à 90% de points communs », ce qui, selon lui, donne une base solide à une étroite collaboration de part et d'autre de l'Atlantique sur ces questions.

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