Strasbourg, 11/05/2005 (Agence Europe) - Lors d'une rencontre avec un groupe de journalistes mardi à Strasbourg, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, a constaté que les choses commencent à bouger en France dans la direction d'un « oui » à la Constitution européenne. M. Brok a relevé le rôle positif de l'engagement de responsables politiques comme Lionel Jospin, l'adhésion au « oui » d'un grand nombre d'artistes et intellectuels, et aussi le fait que le camp du « non » n'ait guère « de base commune ». Que peuvent avoir en commun Le Pen ou Fabius ? a demandé l'élu de la CDU. Si la France dit non, « c'est le cœur qui est frappé », a-t-il estimé. Elmar Brok a avoué être plus inquiet pour le référendum aux Pays-Bas (le 1er juin): la campagne n'a pas vraiment commencé, la société est divisée, a-t-il noté. En Allemagne, prévoit M. Brok, il y aura une forte majorité jeudi prochain au Bundestag (plus de 90%) et au Bundesrat le 27 mai (deux jours avant le référendum français). En dénonçant le « populisme » de certains politiciens allemands à propos de la Constitution européenne (notamment des élus de la CSU - Gauweiler et Müller), M. Brok rappelle: la Constitution donnera plus de pouvoir aux parlements nationaux, y compris celui de présenter un « carton jaune » contre une proposition de législation européenne. Pour cette raison, les eurosceptiques devraient être pour cette Constitution, a-t-il plaisanté. A ceux qui estiment qu'on pourra appliquer certaines parties de la Constitution même si le « non » l'emporte, M. Brok lance un avertissement: tout ce qui représente la véritable « plus-value » de cette Constitution (la Charte de Droits, l'extension de la majorité qualifiée, par exemple) exige bel et bien la ratification. Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, a souligné lui aussi la nécessité, pour convaincre les électeurs, de rappeler ce que la Constitution apporte de fondamental pour eux: l'affirmation des valeurs et des droits, et la reconnaissance des différentes « identités » qui forment l'Europe. Dans ses mémoires, Konrad Adenauer disait que sa plus grande déception était l'échec que la Communauté européenne de la Défense (CED) a connu en 1954 devant l'assemblée nationale, a dit M. Pöttering, en ajoutant: j'espère que nous n'aurons pas la même déception avec la Constitution européenne. Graham Watson, président du groupe ALDE, a annoncé que la semaine prochaine, il ira faire campagne pour le oui en France, notamment à côté de François Bayrou, président de l'UDF. Selon lui, une des raisons de l'ampleur du non est sans doute l'absence d'explications sur l'Europe de la part des leaders français: ainsi, les gens pensent que leur gouvernement peut, à lui seul, leur assurer la sécurité et la prospérité à laquelle ils aspirent, constate M. Watson.