Strasbourg, 11/05/2005 (Agence Europe) - Le débat sur les réseaux de transport transeuropéens suscité, mardi à Strasbourg, par une question de Paolo Costa (ALDE, italien), président de la commission des transports, a été une nouvelle occasion, pour les députés, d'exprimer leur frustration, dix ans après le Conseil européen qui avait décidé, en décembre 1994 à Essen, le lancement de ces grands projets d'infrastructures. Le président du Conseil, Nicolas Schmit, s'est voulu rassurant et, tout en admettant qu'il y a eu des retards dans la concrétisation des réseaux de transport, il a estimé que le financement proposé par la Commission pour la période de perspectives financières 2007-2013 (20,3 milliards d'euros) devrait suffire pour garantir un cofinancement communautaire suffisant pour les trente projets figurant dans la décision prise en 2004. Cependant, a rappelé M. Schmit, le groupe du Conseil chargé de ce problème a discuté de cette proposition seulement une fois, les délégations des Etats membres souhaitant attendre d'abord la conclusion des négociations sur les perspectives financières. Le ministre luxembourgeois aux Affaires européennes a tenu à lancer un nouvel avertissement à propos des prochaines perspectives financières, en martelant: il s'agit d'un « rendez-vous capital », et les Etats membres d'abord, et vous parlementaires aussi, devez jouer votre rôle. La Présidence luxembourgeoise « attache une très grande importance à ce que ce volet des perspectives financières ne soit pas diminué », a insisté M. Schmit.
M. Costa a averti: si nous voulons éviter d'importantes frustrations, nous devons prouver qu'on avance concrètement sur ce dossier, qui est stratégique à la fois pour la compétitivité de l'Europe, la durabilité de son réseau de transport, une véritable intégration européenne et la « valorisation des identités » des différents pays européens. Doutant que les moyens prévus soient suffisants, M. Costa s'est demandé: ne serait-ce pas préférable de concentrer le cofinancement communautaire sur les 48 sections transfrontalières des réseaux.
Le temps perdu à cause des congestions du trafic en Europe équivaut à 1% du PIB, alors qu'une étude d'impact effectuée en 2003 montre que les réseaux transeuropéens pourraient générer une croissance supplémentaire du PIB de 0,25%, et la création d'un million d'emplois permanents et hautement qualifiés, a rappelé aux parlementaires le Commissaire européen aux Transports Jacques Barrot. Les projets transfrontaliers continuent d'être prioritaires pour l'attribution des financements, a assuré M. Barrot, qui a précisé: « Nous avons un schéma pratiquement complet », avec des taux de cofinancement qui sont les mêmes pour tous les Etats membres et qui, pour les projets « normaux », pourront être portés, selon la proposition de la Commission, de 10% à 30% s'ils sont prioritaires, et de 20% à 50% s'ils sont transfrontaliers. M. Barrot, qui a dit beaucoup attendre des coordinateurs qui doivent être nommés pour les réseaux transeuropéens, a évoqué aussi la dimension « politique de voisinage » de ce dossier, en rappelant qu'il a confié une réflexion à ce sujet à l'ancienne Commissaire aux Transports Loyola de Palacio.
Du « Groupe Christophersen » au début au « Groupe Van Miert » aujourd'hui, on nous dit que « tout est prêt pour la construction, que les grues peuvent arriver », mais que se passe-t-il concrètement ? s'est demandé le social-démocrate allemand Willy Piecyk, ancien rapporteur sur les réseaux transeuropéens de transport. Les projets qu'on a présentés ne sont qu'un « catalogue des égoïsmes nationaux », s'est écrié le vert allemand Michael Cramer, qui a lancé: est-ce que le pont sur le détroit de Messine, qui figure parmi les projets prioritaires, apportera quelque chose à la compétitivité européenne ? M.Cramer préférerait qu'on se concentre sur deux projets ferroviaires reliant les huit capitales des nouveaux Etats membres de l'Europe centrale et orientale : - la ligne Berlin/Varsovie/Vilnius/Riga/Tallinn; - la ligne Venise/Ljubljana/Vienne/Bratislava/ Prague/Budapest. Merci de cette solidarité, a commenté le Polonais Stanislaw Jalowiecki (PPE-DE).