login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8942
Sommaire Publication complète Par article 21 / 45
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/aie/ue/energie

L'AIE veut assurer un avenir énergétique sûr et durable - « L'UE doit parler d'une seule voix face aux marchés et à l'OPEP », souligne M. Krecké

Bruxelles, 04/05/2005 (Agence Europe) - Réunis à Paris les 2 et 3 mai, les ministres de l'Energie des 26 Etats membres (dont 17 sont membres de l'UE) de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) se sont engagés mardi à promouvoir l'efficacité énergétique et les investissements dans le secteur de l'énergie afin d'assurer leur approvisionnement dans un contexte de prix du pétrole élevés. « Il est en notre pouvoir d'assurer un avenir énergétique durable et sûr et nous y parviendrons par des actions plus vigoureuses engagées dès aujourd'hui pour alléger notre dépendance croissante à l'égard des importations d'énergie », soulignent-ils dans une déclaration commune. Les ministres de l'AIE, dont les pays membres sont hautement consommateurs et importateurs de pétrole, se sont aussi engagés à atténuer leur « vulnérabilité économique face au niveau élevé et à la volatilité des prix de l'énergie » et à « réduire l'impact produit sur l'environnement par le recours de plus en plus important aux combustibles fossiles ». Ils ont en outre pris l'engagement de « créer un cadre plus stable et transparent propre à assurer des investissements suffisants en temps opportun ». Les ministres ont convenu que le sous-investissement dans le secteur pétrolier depuis 20 ans explique en partie la forte volatilité à la hausse des prix du pétrole. « Nous sommes conscients que les investisseurs du secteur privé sont exposés à divers risques sur des marchés engagés dans des réformes et qu'ils auront besoin de nouveaux mécanismes pour gérer les risques et mobiliser les capitaux nécessaires », ajoute la déclaration. Selon les estimations de l'AIE, près de 16 000 milliards de dollars devront être investis d'ici 2030 dans le secteur énergétique pour assurer un avenir énergétique durable.

Lundi, lors d'une rencontre informelle des ministres européens de l'AIE organisée par la France en marge de la conférence et à laquelle participait le Commissaire à l'énergie Andris Piebalgs, le ministre français de l'Industrie, Patrick Devedjian, a proposé une série « d'actions collectives » susceptibles de ramener le prix du pétrole à un « prix normal » de 35 dollars le baril (contre plus de 50 dollars actuellement) et de réagir à l'impact négatif de la hausse des prix des hydrocarbures sur la croissance (selon l'AIE, une hausse de 10% des prix du pétrole entraîne une perte de 0,5% de croissance). Dans un entretien au Parisien, dimanche, M. Devedjian avait évoqué l'idée que les pays européens puissent, de manière concertée, mettre quelques millions de tonnes de pétrole sur le marché et, en faisant chuter les cours, faire perdre de l'argent aux spéculateurs (EUROPE n° 8940). « Cela les calmerait », avait-t-il averti. Lundi, M. Devedjian a proposé la publication tous les quinze jours du niveau des stocks de brut commerciaux et stratégiques et des produits raffinés dans l'UE, ce qui permettrait plus de transparence. La Présidence, représentée par le ministre de l'Economie, Jeannot Krecké, a assuré à Paris que, pour améliorer la situation sur les marchés pétroliers, l'UE était en voie de mettre en œuvre des mesures pour améliorer la transparence des marchés afin de réduire leur volatilité. M. Devedjian a aussi suggéré qu'une partie des fonds communautaires de cohésion soit affectée à la rénovation des raffineries des nouveaux Etats membres, les goulets d'étranglement dans le secteur du raffinage contribuant à la hausse des prix. « Rien n'est décidé sur ce point » dans le contexte des négociations sur les perspectives financières 2007-2013, a toutefois précisé M. Krecké. M. Devedjian a proposé par ailleurs à M. Piebalgs que la Commission mette à l'étude une facturation en euros des achats communautaires de gaz et de pétrole. Le Commissaire à l'énergie a salué les propositions du ministre français qui « viennent à point nommé ». Sur le plan de la demande, les Européens se sont entendus sur l'idée de promouvoir les économies d'énergie et l'efficacité énergétique et une politique plus favorable aux énergies renouvelables qui permettrait de réduire la dépendance aux énergies fossiles. « D'importants progrès restent à faire dans l'industrie, les transports et le secteur résidentiel », a souligné M. Devedjian. « Près de 20% de l'énergie consommée dans les résidences pourraient être économisés », a renchéri M. Krecké.

Sur le plan de la sécurité de l'approvisionnement, les Vingt-cinq entendent « intensifier le dialogue énergétique » souvent difficile entre les principaux pays producteurs et consommateurs de pétrole et de gaz. « L'UE doit parler d'une seule voix, elle aura plus de poids, notamment face à l'OPEP », a souligné M. Krecké, qui a rappelé que l'UE rencontrera les représentants de l'OPEP le 9 juin prochain. A cette occasion, les Vingt-cinq devraient notamment demander aux membres du cartel, qui détient les trois-quarts des gisements mondiaux, de renforcer ses investissements dans l'exploration-production. M. Krecké a aussi insisté sur le renforcement du dialogue énergétique avec la Russie à échelle communautaire, notamment en ce qui concerne le marché gazier: « il faut privilégier une démarche communautaire harmonisée et coordonnée plutôt qu'une démarche individuelle nationale », a-t-il souligné. Il faut « une certaine prévisibilité de la politique russe, ce qui n'est pas le cas avec ce qui se passe dans l'affaire Ioukos », a-t-il déploré, faisant allusion aux dernières décisions de Moscou sur des restrictions des investissements en Russie.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT