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Bulletin Quotidien Europe N° 8929
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Le Conseil favorable à coopérer avec la Libye sur l'immigration illégale

Luxembourg, 15/04/2005 (Agence Europe) - Les Etats membres se sont montrés favorables, jeudi à Luxembourg, à l'ouverture d'une coopération opérationnelle avec la Libye contre l'immigration illégale. "Nous avons dégagé une volonté d'intensifier la coopération avec la Libye", a déclaré le ministre luxembourgeois de l'Intérieur, Nicolas Schmit, après la discussion des ministres de l'Intérieur des 25 sur le rapport dans lequel la Commission européenne propose de lancer la coopération opérationnelle avec la Libye pour lutter contre l'immigration illégale. La discussion a été relativement consensuelle, aucun des participants ne s'est opposé à l'idée de cette coopération, indique-t-on de source européenne, en dépit des inquiétudes du Haut Commissariat des réfugiés de l'ONU (HCR) et d'Amnesty International. Les discussions vont se poursuivre en groupe de travail, avant que la Commission européenne ne présente, pour le Conseil Justice et affaires intérieures de juin prochain (les 2 et 3 juin) des propositions concrètes pour lancer la coopération opérationnelle. Dans son rapport, la Commission européenne propose notamment d'aider la Libye à former ses gardes-frontières et à mettre en place une politique d'asile, pour l'instant totalement inexistante (EUROPE n°8294). Le ministre luxembourgeois de l'Intérieur a souligné la volonté du Conseil de "mettre en place rapidement un certain nombre de mesures opérationnelles".

Le HCR se montre un peu inquiet, et invite l'Union européenne à être très attentive au respect des droits des réfugiés, indique son bureau européen, pour qui "il faut bien tenir compte du droit d'asile lorsqu'on parle de gestion de l'immigration". Déjà engagé avec de nombreux pays africains pour la mise en place de politiques d'asile, le HCR n'est pas opposé à une coopération, à condition qu'elle soit menée dans les règles. Le HCR a dénoncé à plusieurs reprises les expulsions massives par l'Italie, vers la Libye, de réfugiés arrivés dans l'île de Lampedusa (voir EUROPE N. 8928 au sujet de la résolution adoptée par le Parlement européen). Amnesty international appelle à un arrêt immédiat de ces expulsions, et se dit très préoccupée de ce que l'Union européenne puisse mener une coopération "ad hoc avec la Libye sur l'immigration illégale sans les précautions nécessaires en matière de droits de l'homme".

Il y a aussi la question très sensible des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort par la Libye pour avoir soi-disant inoculé le virus du sida à des enfants libyens dans l'hôpital de Benghazi. « La question des infirmières bulgares est pour le Conseil d'une importance capitale, nous sommes en contact avec les autorités libyennes pour obtenir la libération de ces personnes condamnées de manière injuste et injustifiée », a déclaré Nicolas Schmit, tout en ajoutant: « mais parallèlement il faut garder les yeux ouverts, il est dans l'intérêt de l'Europe de développer une coopération avec la Libye sur le problème énorme que constituent les flux massifs de personnes venant de Libye, mais aussi les personnes en Libye, traitées de manière très dure ».Tripoli est en train de se rapprocher du processus euro-méditerranéen de Barcelone, a-t-il rappelé.

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