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Bulletin Quotidien Europe N° 8929
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Difficiles négociations sur un accord de réadmission avec la Russie

Canach (Luxembourg), 15/04/2005 (Agence Europe) - Les Européens n'ont pas réussi vendredi à obtenir un accord tangible de la Russie sur la réadmission des clandestins qui ont transité par son territoire avant de rejoindre l'Union européenne. L'UE tient absolument à obtenir cet engagement, et se montre prête à faciliter, en échange, l'obtention de visas pour certaines catégories de personnes, voire à les supprimer dans certaines conditions pour les diplomates. Les trois semaines menant au Sommet UE-Russie du 10 mai vont être chargées pour les négociateurs qui veulent tenter d'arriver à un accord, reconnaissaient des diplomates européens à l'issue de la Troïka ministérielle UE-Russie qui a examiné la question vendredi à Canach, près de la capitale du Luxembourg. Les discussions ont été "animées" et "nous n'y sommes pas encore", a admis le conseiller du président russe, Viktor Ivanov, à l'issue des discussions, tandis que le ministre luxembourgeois de la Justice, Luc Frieden, préférait, lui, se limiter à affirmer qu'il y avait eu des "progrès considérables". "Nous nous préparons à rapprocher les positions", a précisé M. Ivanov, qui était accompagné des ministres de l'Intérieur Rashid Nurgaliev et de la Justice Yuri Tchaïka.

Les discussions sur la question de la réadmission des ressortissants des pays tiers par la Russie vont se poursuivre. L'UE est prête à accepter des "modalités différentes pour les différentes catégories", a déclaré M.Frieden. En clair, l'UE est prête à accorder à la Russie un délai supplémentaire pour la réadmission des ressortissants des pays tiers, à condition qu'elle en accepte dès à présent le principe, avec un calendrier précis. La Russie aimerait bien de son côté échapper à ce volet de l'accord, ou le reporter le plus possible. Elle insiste sur la nécessité de signer des accords de réadmission avec ses propres voisins, et sur le temps qu'il lui faudra pour construire des infrastructures. "Ceci pourrait être fait dans un premier stade pour les citoyens russes, pour l'instant cela ne concerne pas les citoyens des Etats tiers", a déclaré Viktor Ivanov. M. Ivanov a assuré que la Russie avait "la volonté politique" d'arriver à un accord sur la réadmission. "Sur le plan politique, on est prêts à signer de manière ou d'une autre des accords", a-t-il indiqué. Mais la Russie est allée jusqu'à demander que soit vérifiée la compatibilité d'un accord de réadmission avec la Convention européenne des droits de l'homme. Pour couper court le plus vite possible à cette manœuvre jugée dilatoire, le côté européen espère mener dès la semaine prochaine des discussions techniques pour écarter cet argument.

La Russie insiste depuis le début des discussions sur les exemptions de visas pour ses diplomates, indique-t-on de source européenne, en confirmant que l'UE y est prête, à condition d'obtenir un accord satisfaisant sur la réadmission. "Nous tenons à ce que ces dossiers (des visas et de la réadmission) évoluent en parallèle", a rappelé Luc Frieden. "Nous ne voulons pas lier ça à tout prix à la réadmission", a bien évidemment indiqué pour sa part M. Ivanov. "Nous parlons de la facilitation des visas, et de la perspective à long terme de la libéralisation des visas", a indiqué le Commissaire européen Franco Frattini. M. Ivanov a cité des facilitations pour "les diplomates, les scientifiques, les conjoints, les échanges de jeunes".

S'agissant du terrorisme, la Présidence et la Commission européenne ont pris grand soin de ne mentionner en conférence de presse que le volet opérationnel du dossier, et pas des questions très sensibles comme celle de la Tchétchénie. Interrogé sur les divergences entre Européens et Russes sur la définition du terrorisme, M. Frieden s'est contenté de déclarer que "il est clair pour les deux parties que la lutte contre le terrorisme international doit respecter des règles de droit international et les droits de l'homme". "Nous avons discuté aujourd'hui des modalités de la coopération, et pas parlé du terrorisme venant de l'un ou l'autre pays en particulier", a-t-il reconnu. M. Ivanov s'est lancé dans une longue auto-justification de la politique menée par les autorités russes en Tchétchénie.

Après la conférence de presse, les discussions devaient se poursuivre dans un déjeuner de travail.

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