Bruxelles, 08/03/2005 (Agence Europe) - Après les sévères critiques contre la répression brutale d'une manifestation dimanche, le Commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn est passé mardi à Ankara à un autre registre de critiques, à propos de l'union douanière UE/Turquie. « Malgré le succès global de l'union douanière, qui célèbre cette année son dixième anniversaire, il y a toujours malheureusement beaucoup d'engagements qui n'ont pas été remplis par la partie turque, ce qui est inacceptable », a-t-il déclaré devant un parterre d'entrepreneurs. « Il y a des manquements évidents à l'accord sur l'union douanière », par exemple, a-t-il précisé, « en ce qui concerne les droits de propriété intellectuelle pharmaceutiques, et l'exigence d'obtenir des licences d'importation pour les télécommunications ». M. Rehn a aussi dénoncé l'embargo sur le boeuf européen et des restrictions sur les textiles, avant d'enfoncer le clou en ajoutant que « ces mesures sont difficiles à comprendre de la part d'un pays candidat qui est sur le point d'entamer les négociations ».
L'UE insiste beaucoup pour obtenir « le plus tôt possible », selon les termes de Jean-Claude Juncker, l'extension de l'accord d'union douanière aux dix nouveaux Etats membres dont Chypre. La signature du protocole élargissant l'accord est une condition à l'ouverture des négociations le 3 octobre. M. Rehn avait espéré que le protocole serait paraphé par la Turquie avant la venue de la Troïka de l'UE ces lundi et mardi à Ankara, ce qui n'a pas été fait. Mardi, il a dit « avoir confiance que la Turquie respectera son engagement en (le) signant dans les meilleurs délais ».
Le Commissaire Rehn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn et le ministre britannique des Affaires européennes Denis McShane (future présidence) ont rencontré lundi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül. Jean Asselborn a souligné «l'importance de maintenir le rythme des réformes intact ». Nous avons indiqué que nous attendions des progrès additionnels en faveur des minorités non musulmanes, ainsi que pour la « tolérance zéro » vis-à-vis de la torture et le retour des personnes déplacées, a-t-il déclaré.