Bruxelles, 08/03/2005 (Agence Europe) - Après le Conseil Compétitivité (EUROPE d'hier, p. 10) et le Conseil Emploi et Affaires sociales (EUROPE du 4 mars, p.7), le Conseil Ecofin a à son tour apporté sa contribution au Sommet de printemps des 22 et 23 mars, en adoptant un document sur les principales orientations des politiques économiques pour 2005 et des conclusions sur les mesures nationales prises pour mettre en œuvre l'initiative européenne pour la croissance. Comme la Commission le prévoit dans sa communication sur la révision à moyen terme de la stratégie de Lisbonne (EUROPE du 3 février, p.5), le Conseil rappelle les objectifs à atteindre pour la croissance et l'emploi, en suivant des politiques macroéconomiques saines.
Le Conseil constate que, alors que la reprise économique a perdu de la vigueur à la fin 2004 et que les signaux divergent sur un redémarrage de l'activité en 2005, la politique budgétaire doit continuer de s'inscrire dans le cadre d'une stratégie à moyen terme. Il insiste sur les réformes structurelles (retraites et systèmes de santé) et sur une réelle coordination des politiques économiques, pour "améliorer la croissance potentielle et effective". Afin d'accroître l'emploi, des mesures d'urgence doivent porter sur: l'adaptabilité des marchés du travail; l'amélioration de l'aptitude à l'emploi et de la mobilité tant au niveau géographique que professionnel; la réforme de la fiscalité (pour rendre le travail intéressant). Les principaux groupes de population visés restent les femmes, les travailleurs âgés, les chômeurs de longue durée et les immigrés, et la hausse du nombre moyen d'heures travaillées est un objectif clé. Quant aux actions prioritaires pour favoriser la croissance de la productivité, il s'agit de: réaliser la société de la connaissance et stimuler l'innovation (en renforçant le lien entre les universités, les organismes publics de recherche et l'industrie); achever le marché intérieur (marché unique des services); créer un environnement favorable aux entreprises et aux PME; réussir les réformes structurelles. Sur l'ensemble de ces points, le Conseil Ecofin a un rôle majeur à jouer, soulignent les ministres, qui souhaitent renforcer le sentiment d'appropriation de la stratégie de Lisbonne au niveau national et des institutions de l'UE. Selon eux, les priorités des GOPE devraient être recentrées sur l'emploi et la croissance, le nombre d'orientations générales réduit et l'établissement des rapports rationalisé. Les ministres souhaitent aussi l'implication d'autres formations du Conseil dans l'élaboration des GOPE (Conseil Compétitivité notamment) et rappellent qu'à partir de l'automne 2005, les Etats membres devront présenter chaque année des « programmes d'action nationaux de Lisbonne » sur une période de trois ans. Quant aux feuilles de route spécifiques, elles pourraient être débattues par les parlements nationaux et les partenaires sociaux, mais devraient restés souples et adaptables, souligne le document. A partir de 2006, la Commission présentera ses recommandations dès le mois de janvier et le suivi des performances des Etats membres devrait être assuré dans le cadre du rapport de printemps annuel de la Commission et être accompagné d'une analyse qualitative des politiques. Enfin, les programmes de stabilité ou de convergence des Etats membres devraient toujours être présentés séparément, mais les ministres demandent que les rapports sur les réformes structurelles soient regroupés dans un document national annuel incluant notamment les plans d'action nationaux pour l'emploi, les rapports sur les stratégies nationales pour les retraites et les plans d'action nationaux sur l'inclusion sociale.
Après un premier bilan assez maigre, en mars 2004, les ministres ont évalué les seconds rapports des Etats membres sur les mesures nationales afin de renforcer l'initiative européenne pour la croissance. Dans leurs conclusions, ils relèvent des contributions positives, avec le soutien financier de la Banque européenne d'investissement (BEI) notamment, mais constatent encore une fois que "l'effet attendu de l'initiative sur les investissements publics diffère selon qu'il s'agit des infrastructures de transport, des télécommunications ou des investissements dans la recherche et développement ou l'innovation". Ainsi, l'amélioration des infrastructures de transport est inscrite dans la plupart des stratégies économiques des Etats membres, mais, alors que certains Etats membres ont réorienté leurs dépenses publiques en faveur de secteurs des transports clés, dans d'autres "l'initiative n'a pas eu d'influence notable sur les projets d'investissement en 2004 et 2005". Pour les infrastructures de télécommunications, les investissements restent "essentiellement déterminés par le marché", mais certains pays offrent une aide directe ou indirecte à des projets dans des régions isolées ou faiblement peuplées. En matière de recherche et développement, on note des initiatives pour associer financement privé et public. D'une manière générale, le Conseil relève que de nombreux Etats membres ont tenté de mobiliser des ressources privées en améliorant les conditions de partenariat public privé (PPP). Et il invite en particulier les Etats membres à soutenir des projets d'infrastructures transfrontaliers à démarrage rapide, et des projets en matière d'innovation et de R&D.