Bruxelles, 08/03/2005 (Agence Europe) - Si l'on veut que l'Europe soit compétitive, il faut faire preuve de créativité et d'innovation, et si on ne donne pas aux femmes la possibilité de mettre en avant leur imagination et leur créativité, l'Europe n'y arrivera pas. Donc, les femmes représentent une force de l'Europe. A l'occasion de la Journée internationale de la Femme, le 8 mars, ces propos du Commissaire à l'Egalité des chances Vladimir Spidla illustrent l'importance que la Commission attribue au rôle des femmes dans l'UE, mais aussi à la perception de ce rôle. Pour témoigner de l'engagement de l'UE en faveur de la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé, le 8 mars, devant la presse à Strasbourg, la création d'un Institut pour l'Egalité des Genres qui devrait en particulier, « faire évoluer nos consciences » (EUROPE reviendra sur le débat du Parlement européen sur l'égalité, dix ans après la conférence de Pékin).
Cette idée d'égalité se retrouve dans plusieurs politiques de l'UE -développement, emploi, justice et sécurité -, a rappelé le Président Barroso. « Ce mainstreaming est notre modèle européen de société, et la Commission va continuer à consolider cette idée », a assuré le Président (qui a rappelé avoir 7 femmes dans son équipe). Notant au passage les progrès accomplis depuis cinq ans, comme par exemple l'augmentation de 1,5 point du taux d'emploi des femmes, M.Barroso a affirmé que la participation des femmes au marché du travail est « le point clé de notre stratégie en faveur de la croissance ». Mais pour cela, a poursuivi M.Barroso, il faut que les femmes soient mieux rémunérées, il faut leur assurer des facilités pour la garde des enfants et une répartition des tâches domestiques mieux équilibrée, afin de mieux concilier vie familiale et professionnelle. Ceci « permet de sécuriser le désir d'enfants des parents », a commenté M. Barroso, en annonçant que le travail se poursuivra de concert avec Anna Zaborska, la présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances du PE, Marie-Josée Jacobs, la ministre luxembourgeoise de l'Egalité des chances, Vladimir Spidla et lui-même.
L'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes constituera un centre d'excellence indépendant au niveau européen qui collectera, analysera et diffusera des données fiables et comparables, a expliqué le Commissaire Spidla, pour qui cet Institut sera « un signal fort de l'engagement de l'UE pour la promotion de l'égalité ». L'Institut stimulera la recherche et les échanges d'expériences et élaborera des instruments destinés à mieux intégrer l'égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les politiques communautaires.
« L'Institut n'est pas seulement un signal », a dit le Président Barroso en répondant aux journalistes. « L'idée est d'avoir un organisme spécialisé qui étudie la question de l'égalité entre les hommes et les femmes de façon scientifique », a précisé M. Barroso. La dénomination de l'Institut crée quelques difficultés. Expliquant à la presse le choix du nom de l'Institut, M. Barroso a rappelé que le Conseil européen avait demandé de créer un « Institute for Gender Equality, titre exact en anglais ». « Moi, je préfère, en portugais, Institut pour l'égalité des droits des hommes et des femmes », a indiqué M. Barroso en assurant que ce titre « pourra être traduit selon les sensibilités des différents pays ». Ce qui compte, a renchéri M. Spidla, « c'est de donner la bonne interprétation lorsqu'on parle de droits des femmes et d'avoir des données fiables et exactes ». Le Commissaire Spidla a rappelé que le siège de l'Institut n'était pas encore fixé (« personnellement, je trouve que ce serait très bien qu'il se situe dans un des dix nouveaux Etats membres », a-t-il estimé) et que l'enveloppe globale qui lui est attribuée pour la période 2007-2013 s'élève à 52,7 millions d'euros.
Pour combattre la féminisation de la pauvreté, j'ai demandé « d'agir au niveau national, de mettre l'accent sur la promotion des femmes, avec une législation adéquate pour lutter contre tous les types de discrimination », a conclu M. Barroso.