Bruxelles, 02/03/2005 (Agence Europe) - Une audition sur la situation politique et l'état des droits de l'homme en Syrie aura lieu le 30 mars au Parlement européen à Bruxelles. Plusieurs personnalités syriennes de l'opposition et des associations de défense des droits de l'homme y sont attendues. L'ambassadeur syrien a promis qu'un officiel sera présent pour y exposer le point de vue de son pays mais n'a pas pu répondre de manière positive à l'invitation adressée au ministre des Affaires étrangères, Farouq Al-Sharaa, à s'adresser en personne aux membres de la commission des affaires étrangères et de la sécurité du Parlement européen avant le débat sur l'accord d'association UE-Syrie. La socialiste belge Véronique De Keyser a été désignée rapporteur sur ce dossier même si l'accord, paraphé fin 2004, n'a pas encore été signé. Il devait l'être au début de cette année, mais le contexte politique dans la région, et les développements dans les relations libano-syriennes alors que s'exercent sur Damas de fortes pressions, américaines et israéliennes et, plus prudemment, européennes, ne paraissent pas plaider pour une accélération de la procédure. En fait, selon Mme De Keyser, cela ne sert à rien de précipiter les choses: "on a attendu, pourquoi ne pas patienter un peu plus, le temps de clarifier la situation. Le plus important sera de déterminer si cet accord va aider la Syrie à devenir un pays démocratique et ouvert". Il faudra "tenir compte de la sensibilité de l'opinion publique", souligne aussi la parlementaire. Mme De Keyser estime toutefois qu'il "ne faut pas se focaliser sur la question libanaise car il y a des sujets spécifiquement syriens" et elle prévient: "nous n'irons pas au-delà de ce que nous avons convenu lors de la dernière session plénière" (voir EUROPE du 24 février, p. 9, et du 25 février, p. 4). En février à Strasbourg, en réaction à des suggestions de M. Morillon (ALDE, français), la plénière avait adopté une résolution affirmant que « la question libanaise et le retrait des troupes syriennes sera un point crucial mais non une condition » pour la signature de l'accord avec la Syrie.
Le même souci prévaut parmi des membres de la plupart des groupes politiques qui ont entrepris de se consulter en vue de la présentation, lors de la prochaine session à Strasbourg, d'une résolution commune traitant de la situation libanaise et du rôle de la Syrie. Là aussi, la volonté serait, tout en recherchant les moyens d'inciter Damas à retirer ses troupes et ses services de renseignement stationnés au Liban, mais de ne rien faire qui puisse contribuer à la déstabilisation de la Syrie. Des projets qui circulent, on retient l'affirmation que tout accord de paix au Moyen-Orient doit "englober la Syrie aussi bien que le Liban": en clair, qu'aucun règlement ne saurait se concevoir au détriment de ces deux pays.
Un autre projet de résolution est en cours d'élaboration. Il sera soumis à l'approbation de l'APEM (Assemblée parlementaire EuroMed) qui se réunit à la mi-mars au Caire.