login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8885
Sommaire Publication complète Par article 25 / 34
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/ccg

Les négociations séparées de pays du Golfe avec les Etats-Unis mettent à mal la solidarité entre les six monarchies et ralentissent les négociations avec l'UE

Bruxelles, 09/02/2005 (Agence Europe) - Le gouvernement des Emirats Arabes Unis a annoncé lundi, depuis Abou Dhabi, qu'il allait ouvrir des négociations séparées avec les Etats-Unis en vue de la conclusion d'un accord de libre-échange. Cette perspective risque de troubler un peu plus les relations entre les six membres du CCG (Conseil de coopération du Golfe) qui ont établi entre eux une Union douanière et des tarifs extérieurs unifiés, et ne sera pas sans répercussions sur les négociations avec l'UE.

Le Bahreïn voisin a déjà conclu un tel accord avec Washington et le Koweït a entamé des négociations, provoquant une forte irritation chez son puissant voisin, l'Arabie saoudite dont le prince héritier a clairement marqué, par son boycott du récent sommet du CCG, en décembre à Bahreïn, sa désapprobation. Riyadh conteste le fait d'accepter de mener de telles négociations commerciales séparément, comme l'ont voulu les Etats-Unis. Les observateurs voient dans cette exigence américaine une manière de distinguer entre les « bons » alliés et les autres. Le royaume wahhabite, réticent face aux projets américains de « réformes dans le monde arabe », pourrait ne pas être bien classé. En revanche, le Bahreïn s'enorgueillit d'être un “pays modèle” qui mène une expérience “pionnière de réforme, de démocratisation et d'ouverture politique”, selon des déclarations faites, le 2 février, par son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sheikh Mohammed bin Mubarak Al Khalifa.

La solidarité au sein du CCG est donc éprouvée et quelques remises en cause se feraient jour dans les rapports commerciaux entre l'Arabie saoudite et certains de ses voisins. Riyadh aurait ainsi rétabli de nouvelles barrières (tarifaires et/ou administratives) à l'égard de produits importés dans un des Emirats voisins (on pense à Dubaï) et réexportés vers le marché saoudien.

Selon des commentateurs de pays du Golfe, la fragilisation de cette solidarité entre les six monarchies ne serait pas irréversible: l'Arabie saoudite, pour sa part, tente de resserrer les rangs en invoquant la nécessité d'être unis face au terrorisme qui frappe le royaume et, de plus en plus, des émirats voisins comme, récemment, le Koweït. Elle a organisé au début de cette semaine une conférence sur la lutte contre l'extrémisme religieux.

Rendez-vous reportés avec l'UE

Les négociations sur un accord de libre-échange avec l'UE semblent déjà souffrir de ces difficultés du CCG. Les discussions techniques ont considérablement avancé et il était même prévu de tout boucler à la fin de 2004. Des réunions spéciales avaient été prévues pour presser le mouvement, mais tous les rendez-vous avec la Commission européenne sont pour l'heure reportés sans que soient fixées de nouvelles dates. Une importante rencontre est cependant programmée en avril: une réunion du Conseil conjoint UE-CCG. Mais il faudra sans doute en attendre la confirmation.

Pour l'instant, à Bruxelles, on observe avec attention l'évolution des rapports intra-CCG mais l'UE ne semble pas envisager à ce stade d'ouvrir des négociations séparées avec les différents pays, même si certains membres du CCG (Oman notamment) l'avaient déjà suggéré lors de l'ouverture des négociations au début des années '90.

Le CCG incite à négocier en bloc - ce que les six pays avaient fait fin décembre 2004 en entamant des négociations collectives avec la Chine en vue d'un accord de libre-échange.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES