Bruxelles, 19/10/2004 (Agence Europe) - Dans un Point de vue publié par Le Monde du 19 octobre, en coïncidence avec la réunion de la Troïka qui prépare le Sommet UE/Russie du 11 novembre, Bernard Bot, Président du Conseil de l'UE, évoque en particulier "la lutte contre le terrorisme, qui fédère toutes les sociétés civilisés", en souhaitant "une meilleure coopération avec la Russie" dans ce domaine, "comme nous l'avons fait avec les Etats-Unis". "L'UE et la Russie doivent intensifier leurs échanges d'informations et conjuguer leurs efforts de démantèlement de l'infrastructure financière des mouvements terroristes", souligne M. Bot, qui reconnaît qu'il faut aussi combattre les "foyers d'infection sous-jacents du terrorisme", phénomène mondial dont "les causes sont souvent locales". Selon lui, le président Poutine " a mis le doigt sur la plaie en déclarant que la terreur dans le Caucase du Nord prend aussi racine dans le chômage massif persistant (...), dans l'absence de politiques sociales efficaces, dans le faible niveau de formation des jeunes....". Quant à la démocratie et l'Etat de droit, M. Bot cite les propos attribués à un parlementaire russe récemment en visite dans l'UE ("trop de démocratie peut être mauvais pour vous"), pour constater: "une telle remarque m'incite à me demander si l'UE est suffisamment explicite dans son plaidoyer pour la démocratie. Bien sûr, le suffrage universel n'est pas, en soi, une garantie de bonne gouvernance. Que Socrate ait été condamné à mort par une majorité de l'électorat athénien ne fait pas pour autant de cette sentence une décision moralement juste. Ainsi, lorsque les Européens parlent de démocratie, ils entendent "démocratie et Etat de droit": seule la combinaison des deux fonctionne".Or, de nombreux parlements de l'UE "s'inquiètent de voir la Russie sacrifier précisément cette précieuse combinaison aux fins de lutter contre le terrorisme", note M. Bot, tout en sachant "combien il est complexe de diriger un pays aussi vaste que la Russie". Les Russes reprochent à l'UE d'être "difficile à comprendre, bureaucratique et arrogante", et nous devons prendre ces critiques au sérieux, affirme aussi M. Bot.