Bruxelles, 19/10/2004 (Agence Europe) - Le chef du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, a affirmé mardi après une entrevue avec le futur président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, que ce dernier "réfléchit à des mesures" qui pourraient mener à une "solution constructive" de la controverse autour de la confirmation de Rocco Buttiglione au poste de futur Commissaire à la justice et aux affaires intérieures. "La position de M. Barroso, telle qu'elle m'a été présentée aujourd'hui, contient certains éléments nouveaux que je ne veux et ne peux cependant pas rendre publics, car je lui ai promis la confidentialité", a dit M.Schulz à la presse, en ajoutant: "J'ai eu l'impression que ces nouveaux éléments pourraient contribuer à une solution constructive".
M. Barroso s'expliquera lui-même jeudi devant la Conférence des présidents des groupes politiques au PE, pour trouver un accord qui permettra à son équipe de recevoir l'investiture du Parlement le 27 octobre à Strasbourg. M.Schulz a précisé qu'il avait l'impression que certains de ces "éléments nouveaux" évoqués par M.Barroso n'étaient pas encore "définitivement mûris" et qu'ils nécessiteront encore des discussions supplémentaires au sein même de la future Commission. Quoi qu'il en soit, "nous étions tous les deux d'accord pour dire qu'il nous faudra une solution qui soit à la fois dans l'intérêt de la future Commission et du Parlement européen". Des contributions à cette solution doivent venir de tous les côtés "et certainement aussi de M.Buttiglione", estime M.Schulz. Le rôle du Parlement européen doit être respecté, "car on ne peut pas organiser des auditions des Commissaires désignés sans tirer des conséquences des résultats de celles-ci - non seulement sur M.Buttiglione, mais aussi sur d'autres "candidates et candidats", a souligné M.Schulz. "Le président de la Commission a partagé ce point de vue", a-t-il noté. A la question de savoir si le groupe socialiste voterait en faveur de la Commission Barroso au cas où il obtiendrait des changements dans le portefeuille de M.Buttiglione, M.Schulz a affirmé qu'un président du groupe "ne peut jamais donner des garanties sur le vote de ses membres individuels (...). Je ne peux pas préjuger du débat que mon groupe aura mardi et mercredi prochains à Strasbourg (avant le vote d'investiture le 27 octobre: NDLR). Je prendrai position sur nos intentions de vote seulement lorsque je connaîtrai les initiatives qui devraient être prises" par M.Barroso lors de l'importante réunion de jeudi. En attendant, la position du groupe socialiste reste inchangée, a souligné M.Schulz: il doit y avoir un remaniement des portefeuilles, faute de quoi il y recommanderait aux membres du groupe socialiste de rejeter la nouvelle Commission en bloc (voir EUROPE du 15 octobre, pp. 3/4). Les déclarations faites par M.Buttiglione ne sont "pas acceptables", y compris les affirmations du week-end dernier sur les mères célibataires, a répété M. Schulz (voir EUROPE d'hier, p. 5). Alors que certains catholiques, à commencer par M.Buttiglione lui-même, ont comparé l'offensive lancée contre lui à une "inquisition" anti-chrétienne, le chef du groupe socialiste a estimé qu'il était "bizarre d'être accusé d'être un inquisiteur par ceux à qui appartient l'histoire de l'inquisition".
Entre-temps, le président du groupe PPE-DE au PE, Hans Gert Pöttering, qui s'est également entretenu mardi avec M.Barroso, s'est dit "confiant" que le futur président de la Commission "sera en mesure d'apporter une réponse satisfaisante sur tous les sujets" qui ont suscité les critiques des parlementaires.
Lundi soir, M.Barroso a eu un entretien aussi avec le chef du groupe ALDE au PE, Graham Watson. Selon certaines sources, M.Watson aurait recommandé à M.Barroso soit de changer le portefeuille de M.Buttiglione, soit de retirer de son portefeuille de la justice et des affaires intérieures le volet portant sur les libertés civiles.
La porte-parole de l'équipe de transition de M.Barroso s'est limitée mardi à dire que les rencontres avec les chefs de groupe du PE avaient été utiles et « constructives ».
Lundi soir, à Dublin, José Manuel Barroso avait déclaré à la presse qu'il ne voulait pas faire de "commentaire spécifique sur un membre spécifique" de sa future Commission.