Bruxelles, 13/10/2004 (Agence Europe) - Les douze élus européens du UK Independence Party (UKIP), qui siègent au Parlement européen au sein du groupe Indépendance et démocratie, cachent sous un programme apparemment à sens unique - l'anti-européanisme - un "agenda très, très de droite" et ils forment, comme vient de le dire le Commissaire Chris Patten, "un groupe particulièrement déplaisant de xénophobes". C'est ce qu'a déclaré mardi à Bruxelles le travailliste britannique Richard Corbett, en présentant à la presse un pamphlet intitulé "25 things you didn't know when you voted for UKIP (and why you 'll never vote for them again)", qu'il a rédigé lui-même et qui a été publié par la Britain in Europe Campaign à l'occasion du récent congrès de l'UKIP. J'ai envoyé ce pamphlet à nos collègues du Parlement européen, a indiqué M.Corbett, parce qu'ils ne réalisent pas encore pleinement ce que veulent ces nouveaux élus britanniques (Farage, Sinnott, Batten, Bloom, Booth, Clark, Kilroy-Silk, Knapman, Nattrass, Titford, Whittaker, Wise), d'autant plus qu'ils ne sont pas très actifs comme parlementaires européens, et qu'ils utilisent surtout le Parlement comme plate-forme pour dénigrer l'Europe "chez nous".
L'UKIP, constate Richard Corbett, se défend d'être proche du BNP (l'extrémiste British National Party), alors qu'il y a eu de nombreuses révélations sur leurs liens, et que beaucoup de membres du BNP sont passés à l'UKIP et vice versa, et qu'ils ont noué des alliances électorales lors de plusieurs élections locales. Selon son pamphlet, Alan Sked, membre fondateur de l'UKIP, a d'ailleurs admis que, en matière d'immigration, "l'UKIP est encore moins libéral que le BNP". Quant au député européen Robert Kilroy-Silk (qui a vainement essayé de gagner le leadership lors du récent congrès: NdlR), il a affirmé selon le pamphlet que des paras devraient "rassembler les immigrants" et les parquer "sur un bateau à destination de n'importe où". Et, accusé de racisme, M. Kilroy-Silk a écrit dans le Daily Express que les musulmans sont "arriérés et mauvais, et si c'est raciste de le dire...alors je dois être raciste, et heureux et fier de l'être". Dans son ouvrage, M. Corbett rappelle aussi que, lorsque le travailliste britannique Gary Titley et d'autres députés européens avaient, en janvier 2004, reçu des lettres piégées, l'élu européen de l'UKIP Nigel Farage avait déclaré qu'il pouvait comprendre les raisons de ces attaques. Michael Nattrass, lui aussi député européen, est allé pour sa part jusqu'à comparer les Britanniques hostiles à l'appartenance à l'Union européenne aux séparatistes tchétchènes, trois semaines après la tragédie de Beslan qui a fait 330 morts...
Quant à la désinformation pratiquée par l'UKIP au sujet de l'Europe, Richard Corbett, en se demandant s'il fallait "en rire ou en pleurer", a égrené une série d'allégations du type: l'augmentation de la criminalité au Royaume-Uni est due au fait que les policiers britanniques sont "entravés" dans leur action par les normes que leur impose l'Europe ; la taxe anti-embouteillages appliquée aux voitures dans le centre de Londres est aussi imposée par l'UE. "Quelle nouvelle pour Ken Livingstone !" (qui est à l'origine de cette mesure), s'est exclamé Richard Corbett, en qualifiant les affirmations des membres de l'UKIP de "politique simpliste de saloon".