Strasbourg, 07/10/2004 (Agence Europe) - « Je me réjouis de la recommandation contenue dans le rapport de la Commission européenne sur la Turquie d'ouvrir avec ce pays les négociations d'adhésion à l'UE. La Turquie mérite pleinement ces négociations », a déclaré, mercredi à Strasbourg, le secrétaire général du Conseil de l'Europe. Terry Davis, qui recevait le Premier ministre turc, l'a félicité pour la rapidité et les résultats impressionnants des réformes démocratiques réalisées ces deux dernières années dans son pays. « Bien sûr, le processus de réformes doit se poursuivre et la Turquie, qui est membre du Conseil de l'Europe depuis 1949, peut compter sur notre entier soutien pour rendre ce processus irréversible », a ajouté M. Davis.
En intervenant devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Recep Tayyip Erdogan s'est dit confiant que le ton positif du rapport et de la recommandation de la Commission va rencontrer la volonté politique des dirigeants de l'UE et a réaffirmé que la Turquie fera ce qu'il faut pour conclure les négociations dans « une période de temps raisonnable ». Selon lui, « la transformation de la société turque se reflète aussi dans l'adoption de la culture européenne du compromis, comme l'ont montré les efforts du gouvernement turc pour trouver une solution au problème chypriote ». Après avoir regretté le rejet du référendum par les Chypriotes grecs, M. Erdogan a estimé que le temps est venu de mettre fin à l'isolation politique, économique, sociale et culturelle des Chypriotes turcs, et a demandé que l'embargo économique imposé à la partie nord de l'île soit levé. Le Premier ministre a salué la décision de l'Assemblée d'accueillir des représentants élus de la communauté chypriote turque, car « il est tout simplement naturel que les Chypriotes turcs qui ont fait un choix européen prennent leur place dans ce forum pan-européen de dialogue et de coopération ». M. Erdogan a aussi encouragé le Conseil de l'Europe à jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le terrorisme et à intensifier ses contacts avec l'Organisation de la Conférence islamique en vue de promouvoir le dialogue entre les cultures et les religions.
Le 4 octobre, à l'ouverture de la plénière, l'Assemblée a décidé que deux représentants élus de la communauté chypriote turque siégeront désormais dans ces rangs. Un d'entre eux sera autorisé à prendre la parole à chaque séance. Leurs noms seront portés dans l'annuaire de l'Assemblée sur la page consacrée à Chypre.