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Bulletin Quotidien Europe N° 8802
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commission barroso/agriculture

Mme Fischer Boel s'engage à maintenir le cap actuel de la Politique agricole commune et préfère attendre le verdict de l'OMC avant de se prononcer sur la réforme du sucre

Bruxelles, 07/10/2004 (Agence Europe) - Lors de son audition parlementaire, mercredi, la Commissaire désignée à l'agriculture et au développement rural, Mariann Fischer Boel, a affirmé vouloir maintenir la cap actuel de la Politique agricole commune (PAC). Elle a refusé de prendre position sur la réforme du sucre avant la fin de la procédure d'appel engagée par l'UE devant le panel « sucre » de l'OMC (qui va vraisemblablement réitérer la condamnation du régime européen). Elle a confirmé que des modifications seraient sans doutes nécessaires dans le secteur des fruits et légumes et estimé qu'il était trop tôt pour évoquer les changements à apporter à l'organisation commune des marchés du vin. Dans sa déclaration introductive, Mme Fischer Boel a assuré que, comme Commissaire, elle travaillera pour l'Europe et pas comme un ministre au service d'un calendrier national. « Je n'ai pas l'intention de faire le travail du Conseil - qui représente l'intérêt national. Mon travail sera de tenir compte de l'intérêt commun européen (…). Je serais un Commissaire, pas un ministre danois », a-t-elle dit. Et elle s'est prononcée pour la Constitution européenne, tout en admettant qu'elle aurait pu être « meilleure », notamment en augmentant les matières soumises à la codécision. « Dans le contexte du marché unique, une renationalisation (de la PAC) n'a aucun sens », a affirmé par ailleurs Mme Fischer Boel, en estiment que « bien au contraire », des politiques nationales différentes pourraient créer des tensions. Elle a aussi défendu la réforme de la PAC décidée en juin 2003, et en particulier le renforcement de la politique de développement rural, et s'est prononcée contre le modèle agricole américain. Sur les perspectives financières 2007-2013, elle a rappelé que le Conseil européen avait fixé en 2002 le plafond de dépenses pour les marchés agricoles, une « sécurité » qui n'existe pas pour le développement rural, dont la future enveloppe financière devra donc être défendue bec et ongles. L'exercice des questions-réponses a porté sur les thèmes suivants:

Sucre: Mme Fischer Boel a rappelé à Friedrich-Wilhelm Graefe zu Baringdorf (Verts/ALE, allemand) et à Filip Adwent (IND/IDEM, polonais) que la Commission prendra une décision sur la réforme du sucre lorsque le panel de l'OMC aura rendu son verdict final. Sur le fond du dossier, elle a fait remarquer que le sucre est le seul secteur qui n'a pas été réformé depuis longtemps et que même les Etats membres savent bien que des changements sont nécessaires.

Réforme de la PAC: A Lutz Goepel (PPE-DE, allemand) qui lui demandait comment elle comptait éviter des problèmes de distorsions de concurrence à cause d'une application différente du système d'aides découplées de la production, selon les Etats membres et les régions (comme le prévoient les règlements de juin 2003). Mme Fischer Boel a répondu qu'elle allait vérifier personnellement que les systèmes d'aides des Etats membres n'entraînent pas de tels problèmes. 88% des aides seront découplées, et c'est une « bonne chose », car un niveau découplage aussi élevé permet de réduire d'autant les risques de distorsions de concurrence, a dit Mme Fischer Boel à Niels Busk (ALDE, danois). Diamanto Manolakou (GUE/NGL, grec) a rappelé que Mme Fischer Boel avait souvent défendu la cause du modèle intensif de production agricole et lui a demandé ce qu'elle comptait faire pour défendre les petits et moyens agriculteurs. Mme Fischer Boel a indiqué qu'elle souhaitait éviter cet exode rural et que la réforme de juin 2003 permet de préserver le revenu des agriculteurs. Certains députés (polonais et hongrois surtout) ont dénoncé la discrimination dont sont victimes les agriculteurs des nouveaux pays concernant les aides directes. Mme Fischer Boel a rappelé les décisions unanimes prises au Sommet de Copenhague en 2002 et a averti que le fait d'entamer de nouvelles négociations sur le sujet ouvrirait la boîte de Pandore.

OMC: en répondant notamment à Katerina Batzeli (PSE, grecque) et Sergio Berlato (UEN, italien), Mme Fischer Boel a assuré qu'elle n'allait pas ménager ses efforts pour défendre la protection des indications géographiques. « Même si le système pose des problèmes à l'OMC, il n'y a pas de doute que le sujet restera sur la table des négociations », a-t-elle dit.

Fruits et légumes: en répondant à Maria del Pilar Ayuso Gonzalez (PPE-DE, espagnole), Rosa Miguelez Ramos (PSE, espagnole) et Maria Isabel Salinas Garcia (PSE, espagnole), Mme Fischer Boel a seulement rappelé les remèdes qu'il faudrait apporter (éviter les fluctuations des prix, donner plus de possibilités aux organisations de producteurs pour commercialiser leurs produits, éviter la destruction de ces produits…) et a déclaré: « si nous voulons obtenir une réforme judicieuse, je me ferai un plaisir d'y contribuer ».

Mme Ficher Boel s'est bien défendue contre les attaques d'une petite poignée de députés au sujet des risques de conflit d'intérêts. Elle a répété à Jean-Claude Martinez (Front National), Jens-Peter Bonde (IND/DEM, danois) et Margrete Auken (Verts/ALE, danoise) que le service juridique de la Commission avait conclu que ses activités agricoles étaient tout à fait compatibles avec ses responsabilités de Commissaire.

Le PSE juge « profondément décourageante » la prestation de Mme Fischer Boel

Le groupe socialiste du PE exprime de fortes réserves sur la nomination de Mme Fischer Boel, en lui reprochant sa vision trop libérale de la politique agricole et son manque de vision sur l'avenir du monde rural européen. Dans un communiqué, les socialistes parlent d'une performance « profondément décourageante », en notant que Mme Fischer Boel a répondu de manière imprécise à des questions sur des sujets comme le budget agricole, l'environnement, le développement rural, le lait, les fruits et légumes, la politique du sucre et le commerce avec la Chine.

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