Bruxelles, 07/10/2004 (Agence Europe) - Lors de sa réunion mensuelle qui, à l'invitation du gouverneur de la Banque nationale de Belgique, s'est tenue à Bruxelles, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé jeudi de maintenir le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement à 2%. Les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeurent aussi inchangés, à respectivement 3% et 1%. Le Conseil des Gouverneurs, a indiqué le Président Jean-Claude Trichet, estime que le rythme de la croissance devrait se poursuivre au cours des prochains trimestres, avec une demande mondiale "bien orientée" et un "environnement international propice et des conditions de financement très favorables" à l'investissement dans la zone euro.
Jean-Claude Trichet a précisé: “tout scénario de référence concernant les évolutions futures est entouré de nombreuses incertitudes qui, actuellement, ont particulièrement trait aux cours du pétrole” qui, s'ils restaient élevés, pourraient “freiner la vigueur de la reprise”. Il a toutefois considéré ce risque modéré en comparaison avec des périodes antérieures caractérisées par une plus grande vulnérabilité, et il a réaffirmé que tout portait à croire que le rythme annuel de l'inflation ne reviendra pas sous les 2% en 2004, mais au courant de 2005. Quant aux situations budgétaires des pays de la zone euro, il a confirmé qu'un « nombre important » de ces pays « devraient enregistrer un déficit proche de 3 %, voire supérieur à ce chiffre » et leur a prescrit d'intensifier l'assainissement de leurs finances publiques et de relever le défi des réformes structurelles, conformément à la stratégie de Lisbonne. A propos de l'affaire des statistiques grecques, M. Trichet a souligné qu'il était “vital pour la crédibilité de la surveillance budgétaire que la fiabilité (…) des statistiques relatives aux finances publiques et leur déclaration en temps opportun soient garanties". Il a précisé que ces procédures ne peuvent changer en fonction des alternances politiques, mais doivent être stables et homogènes entre les pays. Au sujet de la reprise attendue de l'emploi dans la zone euro, M.Trichet a estimé que «le chômage pourrait amorcer un repli dans le courant de l'année prochaine », mais il a ensuite nuancé son propos, en reconnaissant: "Dans la mesure où nous avons constaté jusqu'à présent que les entreprises ont probablement - plus qu'auparavant - ajusté à la baisse le facteur travail en réduisant le nombre d'heures travaillées plutôt que les effectifs, nous pensons que les choses iront d'abord vers plus d'heures ouvrées".