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Bulletin Quotidien Europe N° 8799
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/commission barroso/commerce

M. Mandelson prône l'ouverture des marchés au profit de la croissance économique, la justice sociale, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans le monde - « Je suis un Européen convaincu », indépendant du gouvernement Blair, assure M. Mandelson

Bruxelles, 04/10/2004 (Agence Europe) - C'est un Peter Mandelson très sûr de lui, visiblement décontracté et jouant sur toute son expérience politique qui s'est présenté lundi après-midi devant la commission (élargie) du commerce extérieur du Parlement européen pour son audition parlementaire. Et les réponses qu'il a données au cours des trois heures d'interrogation semblent avoir globalement satisfait les membres de la commission qui n'ont pas hésité à l'applaudir à plusieurs occasions - notamment lorsqu'il s'agissait de réagir aux attaques de la part d'eurosceptiques britanniques sur ses convictions européennes ou son indépendance future par rapport à son "ami" Tony Blair (voir plus loin). A noter aussi que M.Mandelson n'a pas été interrogé du tout sur les événements qui, par deux fois, l'ont forcé dans le passé à démissionner du gouvernement Blair.

Dans son introduction (qu'il a commencé en français avant d'immédiatement revenir à sa langue maternelle, pour ne plus la quitter), M. Mandelson s'est tout d'abord défini personnellement. D'abord en tant que "Européen britannique convaincu" qui a "soutenu l'idée de la construction européenne toute sa vie". "Je suis un vrai Européen, pas seulement dans le sens économique, mais aussi en relation avec la politique sociale, l'environnement, la lutte contre le crime international, etc. (...). Je ne partage pas la position de "mi-dedans, mi-dehors" qu'ont beaucoup de Britanniques à l'égard de l'Europe. Il y a des gens au Royaume-Uni qui pensent que les intérêts britanniques sont contradictoires avec les intérêts de l'Europe. « Je rejette complètement cela. Je suis convaincu que le Royaume-Uni a sa place en Europe", a-t-il dit, précisant plus tard qu'il participera activement à la campagne avant le référendum britannique, en plaidant en faveur du Traité constitutionnel, qui est "excellent" mais qui doit être expliqué aux citoyens.

Ensuite en tant que défenseur d'un libéralisme économique, mais d'un libéralisme dont l'objectif doit être de créer davantage de croissance, d'emplois, de développement durable et de justice sociale pour tous, notamment dans les pays les plus pauvres du monde. « Je ne suis pas un libéral simpliste qui pense que le libéralisme est un objectif en soi ». "Non, je pense simplement qu'à travers le commerce et l'ouverture des marchés, l'on peut créer des bénéfices économiques et davantage de justice sociale pour tous, notamment en réduisant la pauvreté des pays en voie de développement". Poursuivre cette politique dans le cadre d'accords multilatéraux est la meilleure façon d'étendre ces bénéfices à tous, a estimé Mandelson qui a considéré qu'il va hériter de l'actuel Commissaire Pascal Lamy "une série de principes cohérents" et des politiques qu'il s'engage à maintenir. Le commerce mondial doit être équitable, ce qui veut dire que, "si nécessaire, nous prendrons des mesures pour nous défendre contre des mesures illégales prises par d'autres. "Je serai prêt à agir dans ces cas, mais notre objectif doit être d'ouvrir des marchés et de ne pas utiliser les défaillances des autres comme une excuse pour être protectionniste", a affirmé M. Mandelson.

Devant cette toile de fond, le Commissaire désigné a défini les six priorités suivantes ("mais cette liste n'est pas exhaustive", a-t-il précisé): 1) compléter le cycle de Doha "pour ouvrir les marchés aux produits industriels, aux services, aux produits agricoles, y compris entre pays en voie de développement. Le commerce doit être équitable pour tous et inclure des objectifs de développement qui puissent profiter aux pays les plus pauvres". La réunion ministérielle de Hong-Kong en décembre 2005 doit aboutir à une "avancée importante" vers la fin du cycle (qui devrait alors être accomplie vers le début de 2006), a estimé M.Mandelson; 2) les pays ACP. "Nous devons conclure des accords de partenariat économiques avec ces pays, mais des accords qui soient équilibrés; 3) l'agenda transatlantique. La coopération avec les Etats-Unis doit être renforcée, notamment dans le domaine réglementaire. "Il n'y a pas de partenariat plus important pour la prospérité et la sécurité du monde entier que celui entre l'Europe et l'Amérique". "Je ferai tout pour résoudre les disputes commerciales inévitables" qui existent actuellement (même si M.Mandelson a estimé que le nombre de 13 disputes bilatérales actuellement traitées à l'OMC était encore "étonnamment bas", vu le volume des relations commerciales entre les deux blocs). Le multilatéralisme, c'est bien, mais les plus grands problèmes du monde, problèmes économiques et de sécurité, pourront être résolus seulement si les Européens coopèrent avec les Américains"; 4) UE/Mercosur. "J'espère que Pascal Lamy pourra achever les négociations de libre-échange d'ici le 31 octobre, sinon, je suis prêt à prendre la relève, même si ça pourrait prendre du temps à remettre le processus sur les rails", étant donné que le Mercosur a présenté maintenant une offre "inacceptable". De toute façon, la règle générale dans ces négociations sera que la substance primera toujours sur le calendrier, a dit M.Mandelson, soulignant que ce principe vaut aussi pour les négociations en cours avec le Conseil de coopération du Golfe; 5) l'adhésion de la Russie et de l'Ukraine à l'OMC, "qui est d'une importante vitale pour notre nouvelle politique européenne de voisinage"; 6) en Asie, l'UE doit concrétiser son "partenariat stratégique" avec la Chine, et l'UE doit veiller à ce que la Chine mette en oeuvre tous les engagements qu'elle a pris dans le cadre de son adhésion à l'OMC. "Je pense que la Commission devrait maintenant entamer une analyse détaillée de l'impact considérable que la croissance économique en Chine aura sur le système international - notamment son impact croissant sur les pays en voie de développement".

M.Mandelson s'est ensuite fait des amis dans la commission du commerce extérieur en annonçant qu'il avait l'intention de "faire encore mieux" que le Commissaire actuel Pascal Lamy (qui est déjà allé au-delà de ce que le Traité prévoit normalement) en ce qui concerne l'échange d'informations sur les négociations commerciales en cours. Et à la demande de Harlem Désir (PSE, Français.), le Commissaire désigné a même annoncé qu'il allait transmettre aux députés européens les mêmes documents que sa Direction générale soumet aussi régulièrement au Comité 133 pour consulter les Etats membres sur des questions commerciales (il n'a cependant pas précisé dans quel délai les parlementaires européens pourront espérer partager les mêmes informations que les Etats membres ...).

Interrogé sur ses futures relations avec le gouvernement britannique et son attitude au cas où les intérêts de son "ami" Tony Blair étaient en contradiction avec ceux de la Commission européenne M. Mandelson a répondu qu'il resterai toujours un ami de M. Blair et que ce dernier pourra toujours compter sur son "soutien politique", mais qu'il défendra la cause européenne en toute impartialité et indépendance, ayant quitté la scène politique britannique. « Je suis parti », a-t-il dit. "Vous avez réformé le Labour Party au Royaume-Uni en le modernisant, comment allez-vous aider à réformer l'Union?", a-t-on demandé à M. Mandelson. Le plus grand défi est de restaurer un lien entre les citoyens et l'Union, et le meilleur moyen de le faire, c'est de démontrer le lien entre croissance économique et prospérité et ce que l'UE fait pour y contribuer, a estimé le Commissaire désigné.

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