login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8736
JOURNEE POLITIQUE / (eu) otan/irak

L'OTAN "encourage" ses membres à aider l'Irak à former son armée - Appui au gouvernement intérimaire, souverain dès ce lundi

Istanbul, 28/06/2004 (Agence Europe) - Les pays membres de l'OTAN se sont engagés lundi au Sommet d'Istanbul à aider l'Irak à former son armée, après d'intenses tractations diplomatiques qui ont abouti à une déclaration plutôt modeste. Juste avant l'ouverture du Sommet, de nombreux dirigeants de l'Alliance ont été pris de surprise par l'annonce du transfert anticipé de la souveraineté par les forces américaines au gouvernement intérimaire irakien. Le transfert a été effectué lundi matin, deux jours plus tôt que la date prévue, alors que l'Irak est touchée par une grave flambée de violence.

Dans leur déclaration, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance ont approuvé le principe "d'offrir l'aide de l'OTAN au gouvernement irakien pour la formation de ses forces de sécurité", mais laissé à chaque pays la responsabilité des formations qu'il souhaite organiser. L'OTAN n'est pas en soi chargée de la formation, mais "encourage les Etats à contribuer à la formation des forces armées irakiennes". Les ambassadeurs à l'OTAN doivent désormais préciser ce texte assez général, pour définir les modalités précises de cette coopération. Par ailleurs, l'OTAN "continue à apporter un soutien à la Pologne pour la direction de la division multinationale dans le centre-sud de l'Irak".

Les 26 pays membres de l'Alliance, dont aucun n'a voulu rejeter la demande d'aide à la formation de ses forces de sécurité et d'autres formes “d'assistance technique”, adressée à la veýlle du Sommet par le chef du gouvernement intérimaire irakien, se sont partagés sur les modalités de cette aide. Les pays qui se sont opposés l'an dernier à l'intervention américaine en Irak, France et Allemagne en tête, ou qui ont retiré leurs troupes après un changement de gouvernement - c'est le cas de l'Espagne - ne voulaient pas que la formation soit opérée sous la bannière de l'OTAN. "Il n'y aura pas de drapeau de l'OTAN en Irak", a-t-on déclaré de source française. La France a aussi insisté, avec succès, pour que la déclaration ne fasse pas explicitement mention d'un rôle de coordinateur pour l'OTAN.

Les membres de l'Alliance n'étaient pas plus unanimes sur la question de savoir si les formations devaient être délivrées en Irak même, dans la région, ou en Europe. La déclaration ne fait finalement pas mention de cette question. Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a indiqué que les formations pourraient être délivrées "à la fois à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Irak". Les pays déjà présents en Irak, qui ont commencé à délivrer des formations, continueraient à le faire sur place. La France et l'Allemagne se disent prêtes à dispenser des cours, mais hors de l'Irak.

La Pologne indique avoir déjà formé près de 5000 policiers dans la zone multinationale qu'elle dirige, de même qu'un peu plus de 2000 gardes-frontières. Le Danemark gère depuis un an une académie de police à Bassora, indique un de ses diplomates. L'OTAN dispose de deux centres de formation, l'un à Rome, l'autre en Bavière.

La déclaration sur l'Irak, adoptée lundi, manifeste le plein soutien de l'Alliance à "l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de la République d'Irak, ainsi que le renforcement de la liberté, de la démocratie, des droits de l'homme, de la primauté du droit et de la sécurité pour tout le peuple irakien". L'OTAN appuye "sans réserve" la résolution 1546 du Conseil de sécurité des Nations unies et "offre son entière coopération au nouveau gouvernement intérimaire souverain dans ses efforts visant à renforcer la sécurité intérieure et à préparer la tenue d'élections nationales en 2005".

L'Union européenne envisage de nommer un envoyé en Irak, et d'inviter les autorités irakiennes à participer à une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, a-t-on indiqué de source européenne à Istanbul. Un éventuel rôle européen pour la formation de la police irakienne "ne pourra être envisagé que dans un deuxième temps", a-t-on précisé de même source.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE