Istanbul, 28/06/2004 (Agence Europe) - "J'aime les tâches difficiles", a déclaré lundi à Istanbul le Premier ministre portugais Manuel Durao Barroso, qui se sent "capable " d'assumer la fonction de Président de la Commission européenne. Le candidat de la Présidence irlandaise à la succession de Romano Prodi, qui devrait être nommé mardi soir par le Conseil européen pour le remplacer à partir du mois de novembre, a indiqué en conférence de presse en marge du Sommet de l'OTAN qu'il faut "une Commission européenne forte avec un Président fort doté d'une forte autorité" (voir aussi p.4). M. Barroso a dit ne pas s'attendre à des problèmes pour l'acceptation de sa nomination par le Parlement européen. Le Premier ministre portugais devait encore "vérifier un certain nombre de conditions" avant d'annoncer ce mardi s'il accepte le poste. Il est retourné lundi soir au Portugal pour une réunion avec le Président de la république Sampaio et pour une réunion extraordinaire du Conseil des ministres.
Interrogés en conférence de presse, le Président français Jacques Chirac et le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero ont apporté leur soutien à sa nomination de M. Barroso. Le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero s'est dit convaincu que le Conseil européen décidera mardi de renouveler le mandat de Javier Solana comme Haut représentant pour la politique extérieure, et, dans le même temps, s'engagera à le nommer ministre européen des Affaires étrangères, si et quand le Traité constitutionnel, qui prévoit la création de ce poste, entrera en vigueur.
A Berlin, juste avant son départ pour Istanbul, le chancelier Schröder a estimé que M. Barroso pouvait compter sur un soutien suffisant, tout en ajoutant: "il faudra encore clarifier l'une ou deux questions dont on ne traite pas sur la place publique". Gerhard Schröder a aussi signalé qu'il s'était "très intensément" entretenu avec Angela Merkel, présidente de la CDU, et que lui-même et la chef de l'opposition étaient tombés d'accord pour estimer que "ce serait bien si l'Allemagne assumait dans l'UE des responsabilités particulières de politique économique", en tant que principale économie européenne (allusion à l'idée d'obtenir un poste de super-Commissaire au sein de la future Commission).